
Fiche technique
Roman américain
Date de parution : 8 septembre 2006
Genre : chronique immobilière
311 pages
Édité chez Flammarion
Synopsis : William Collins, agent immobilier gay, adepte de rencontres par Internet, veut tourner le dos à cette habitude et fait vœu de chasteté. Tiraillé entre le renoncement et l'hédonisme, il louvoie entre les extrêmes, tout en étudiant le comportement de ceux qui l'entourent. (evene)
Mon avis : Les aventures cybernétiques désillusionnées d’un quadra gay en quête de sens
En fait, Sexe et dépendances et le cinquième livre de Stephen McCauley, auteur américain d‘origine italo-irlandaise. En lisant sa bio, on est frappé de voir le nombre de métiers qu’il a pu exercer, de vendeur à assistant maternelle en passant par prof de yoga ou agent de voyage. Sans doute ces expériences lui ont permis de se construire un imaginaire assez foisonnant qu’il retranscrit maintenant dans ses romans. Deux d’entre eux ont d’ailleurs déjà été adaptés pour le cinéma : L’objet de mon affection, avec Jennifer Aniston (apparemment pas une réussite) et La vérité, ou presque, de Sam Karmann avec Karine Viard.
Agent immobilier à Boston, William passe ses soirées de quarantenaire célibataire à faire le ménage. Et entre deux coup de torchon il navigue sur Internet pour se trouver un coup d’un soir. Mais lassé de toutes ces histoires sans lendemain avec des mecs sans intérêt, il se décide à faire une pause. Plus de sexe, donc, et il se concentre sur son travail, qu’il avait il faut dire un peu malmené ces derniers temps. Un jour un couple rentre dans son agence pour acheter un bien immobilier ; William tombe aussitôt sous le charme de Samuel et Charlotte et décide de s’investir à fond pour trouver la maison de leur rêve. Oui mais pour cela, il lui faudra apprendre à les connaître un peu mieux, ce qui n’est pas pour lui déplaire.
Ce roman de Stephen McCauley est absolument charmant : Sexe et dépendances donne envie d’en savoir un peu plus sur l’auteur. L’histoire est assez originale pour attirer l’attention et pourtant c’est la banalité, en tout cas la véracité des situations qui donne au roman son petit goût de revenez-y. Les personnages sont à la fois pathétiques et attachants, on peut tous se retrouver dans une ou plusieurs de leurs péripéties. L’écriture de McCauley est drôle, le trait est acerbe sans être méchant et le ton ironique qu’il prend pour parler de l’Amérique et de l’après 11 septembre révèle une approche très intéressante des situations.
Car Sexe et dépendances est, comme son pitch ne l‘indique pas, une petite étude quasi sociologique de l‘Amérique contemporaine (bon, j‘exagère un peu mais à peine). Tous les personnages du roman ont été traumatisés par l’effondrement du Wall Trade Center et ils trouvent une activité dérivative. Pour certains comme William ce sera le sexe, d’autres comme Charlotte se noieront dans l’alcool tandis qu’une autre aura une frénésie de visite d’appartement. Et Stephen McCauley ne charge pas ses personnages, même si certains comme la locataire de William sont des caricatures ambulantes. Les dialogues sont franchement savoureux tandis que l’auteur ménage tout de même des moments de tendresse qui apparaissent de manière inattendue. Sexe et dépendances est une chronique franchement savoureuse, légère et sans prétention, à déguster avec plaisir.
Ma note : ***

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