
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 30 mars 2011
Genre : comic féministe
Durée : 1h50
Scénario : Steve Shibuya
Image : Larry Fong
Musique : Tyler Bates
Avec Emily Browning (Babydoll), Abbie Cornish (Sweet Pea), Jena Malone (Rocket), Vanessa Hudgens (Blondie), Jamie Chung (Amber), Carla Gugino (Vera Gorski)…
Synopsis : Enfermée contre son gré, Babydoll a toujours envie de se battre pour reconquérir sa liberté. Combative, elle pousse quatre autres jeunes filles – la timorée Sweet Pea, Rocket la grande gueule, Blondie la futée, et la loyale Amber – à s'unir pour échapper à leurs redoutables ravisseurs, Blue et Madame Gorski. (allocine)
Mon avis : Quand l’imagination brise les plus fortes entraves
La nouvelle génération des réalisateurs de blockbusters a clairement pour chef de file Zack Snyder. Totalement décomplexé, il brise tous les carcans du genre et impose sa patte, vulgaire et pourtant non dénuée de talent. Il déboule en 2004 avec le remake remarqué d’un des films les plus cultes du non moins culte George A. Romero : il faut oser. Puis il invente une sorte de film épique aux accents historiques, se lance après dans l’adaptation d’une bande-dessinée réputée inadaptable et passe par un film d’animation d’inspiration héroïque. Avec Sucker punch, il développe avec sa bite et son couteau tout seul un univers où toutes les inspirations précitées sont présentes, puissance mille.

À la mort de leur mère, Babydoll et sa jeune sœur sont dévastées. Leur beau-père, apprenant que le testament ne lui lègue rien, est furieux. Pour protéger sa sœur, Babydoll tente de lui faire du mal mais par accident c’est sa sœur qu’elle tue. Effondrée, elle se laisse faire quand on l’emmène dans un hôpital psychiatrique, où son beau-père négocie avec l’aide-soignant une lobotomie. Dans cet univers quasi-carcéral, Babydoll rencontre d’autres patientes, enfermées comme elle, et elle va imaginer un plan pour toutes les faire évader.
Un sentiment étrange se dégage de Sucker punch : on a l'impression d’être devant un film porno où les scènes les plus intéressantes ne sont pas les scènes de sexe. Car il y a quelque chose de putassier dans la démarche de Zack Snyder et sa façon d’amener les scènes d’action. Celles-ci racolent le spectateur en lui donnant en pâture une sorte de menu maxi best-of de tous les genres : du manga à l’héroïc fantasy, du film de guerre à l’anticipation tout y passe, incluant des références cinématographiques diverses et variées.

Toutes ces images nous arrivent en rafales, sans qu’elles soient digérées, dans un déluge d’effets spéciaux et de musique à fond la caisse et à donner la nausée. C’est à la fois la quintessence du film d’action et sa parodie, une sorte de maelstrom qui engloutit tout sur son passage. Mais Sucker punch est un film à deux vitesse : on passe de ces vertiges indigestes à des scènes nettement plus posées où le scénario se déroule. Et c’est là que le film donne toute sa dimension, c’est là que réside tout son intérêt. La noirceur de l’histoire qui nous est contée, la quête initiatique que parcourt le personnage principal mérite plus que tout ce décorum.
La manière de raconter cette histoire est également intéressante, cette narration en forme de poupée russe où se mêlent plusieurs temporalités nous en dit plus sur les intentions du réalisateur. Il s’agit d’une métaphore sur le pouvoir de l’esprit et sur la capacité de résilience dont l’être humain est capable, plus qu’un simple et bête divertissement pour ado, pourtant cœur de cible clairement affiché (encore une fois de façon abjecte). C'est exagérer bien sûr mais il y a du vrai. DoncSucker punch est un peu une énigme : on sort de son visionnage en étant ni pour, ni contre (bien au contraire).
Ma note : *

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