
Fiche technique
Film Américain
Date de sortie : 25 janvier 2012
Genre : lourd héritage
Durée : 1h50
Scénario : Jim Rash et Nat Faxon, d’après l’œuvre de Kaui Hart Hemmings
Image : Phedon Papamichael
Avec George Clooney (Matt King), Shailene Woodley (Alexandra King), Nick Krause (Sid), Amara Miller (Scottie King), Beau Bridges (Cousin Hugh), Patricia Hastle (Elizabeth King), Robert Forster (Scott)…
Synopsis : À Hawaii, la vie d’une famille bascule. Parce que sa femme vient d’être hospitalisée suite à un accident de bateau, Matt King tente maladroitement de se rapprocher de ses deux filles, Scottie, une gamine de dix ans vive et précoce, et Alexandra, une adolescente rebelle de dix-sept ans. (allocine)
Mon avis : Le deuil douloureux du père de famille absent
La petite musique de The descendants tient pour beaucoup de son réalisateur. Alexander Payne n’en est ici qu’à son cinquième long-métrage mais il a réussi bon gré mal gré à imposer une touche subtile à ses films. C’est l’auteur américain indépendant par excellence, qui ne cherche pas les mirages d’Hollywood et ancre ses films dans une quotidienneté quasi banale, avec un second degré souvent appréciable. Il adapte ici une auteure américaine qui est née et a grandi à Hawaii : déjà en tant que tel c’est plutôt original. Et qui plus est, il offre à George Clooney un rôle à contre-emploi de mari et de père de famille un tout petit peu paumé.

À l‘hôpital, Matt King réfléchit sur son existence. Il prend soin de sa femme Elizabeth, qu’il n’a pas vue depuis trois jours et qui a eu un grave accident de bateau. Il se retrouve à devoir s’occuper de sa fille de dix ans, Scottie, qu’il n’a quasiment pas élevée tant il était occupé par son travail. Sa seconde fille, Alexandra, vit dans une île pas très loin pour faire ses études. Pour couronner le tout, Matt doit prendre en charge la succession de ses ancêtres, avec une multitude de cousins qui n’ont pas tous le même avis sur la question. Certains ne désirent pas vendre les terres qui leurs appartiennent, d’autres souhaitent les vendre à un promoteur immobilier du coin.
On retrouve dans The descendants le caractère indépendant de son auteur : chaque élément du film est pris à contre-emploi. Non seulement le rôle de George Clooney, mais également de nombreux détails. Lorsque la fille aînée du personnage principal se mêle des relations conjugales de ses parents, son père ne la rejette pas. Le petit copain de cette dernière, qui paraît une tête à claque unidimensionnelle, s’avère plus intéressant qu’il n’en a l’air. Il en est ainsi de beaucoup de petites choses dans le scénario qui rendent le film bien sympathique.

L’histoire n’a rien de bien originale en elle-même mais le traitement opéré par Alexander Payne, tout en nuances et jamais dans le pathos, est tout à fait appréciable. De nombreuses qualités artistiques sont également remarquables dans The descendants. Par exemple cette photographie qui met en valeur les paysages hawaïens et rend compte de la diversité d’une île qu’on pourrait croire à première vue sans aspérités. L’interprétation de George Clooney est unanimement louée, et à juste titre.
Il montre dans The descendants une palette de son jeu d’acteur qu’on ne lui demande que trop rarement de mettre en avant, et souligne de façon très justes les faiblesses de son personnage, mais également son humanité. Nous sommes en présence d’un petit film, qui ne casse pas la baraque mais permet de passer un joli moment et traite d’une façon douce de sujets douloureux comme la mort ou l’héritage que l’on reçoit de ses ancêtres, la transmission et notre fâcheuse tendance à vouloir tout balancer.
Ma note : ***

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