
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 30 novembre 2011
Genre : biographie hiératique
Durée : 2h07
Scénario : Rebecca Frayn
Image : Thierry Arbogast
Musique : Eric Serra
Avec Michelle Yeoh (Aung San Suu Kyi), David Thewlis (Michael Aris), Susan Wooldridge (Lucinda Philips), Jonathan Raggett (Kim Aris), Benedict Wong (Karma Phuntsho), Jonathan Woodhouse (Alexander Aris)
Synopsis : The Lady est une histoire d’amour hors du commun, celle de Michael Aris, et d’Aung San Suu Kyi, qui sacrifiera son bonheur personnel pour celui de son peuple. Rien pourtant ne fera vaciller l’amour infini qui lie ces deux êtres, pas même la séparation, l’absence, l’isolement et l’inhumanité d’une junte politique toujours en place en Birmanie. (allocine)
Mon avis : We love you Aung San Suu Kyi
Mine de rien, The lady est le quatorzième long-métrage signé Luc Besson. C’est marrant car on se souvient des propos du cinéaste à la fin des années 1990 déclarant qu’il voulait arrêter sa carrière de réalisateur à dix films. Alors certains diront qu’Atlantis est plutôt un documentaire, et que la trilogie Arthur et les minimoys ne compte pas mais quand même. Bon, il n’est pas très prolifique dans son activité de mise en scène, et la qualité est extrêmement variable d’un film à l’autre, mais c’est une personnalité qui compte dans le cinéma français. Et on entend les esprits moqueurs clamer que Besson ne fait pas de cinéma, il fait juste de la soupe. On peut tout de même rester attaché à ses premiers films, et se dire qu’il était capable de revenir à un cinéma de qualité. En l’occurrence, le résultat est ici mitigé.

Dans le jardin de sa maison, la petite Aung San Suu Kyi se fait bercer par son papa, qui lui raconte l’histoire de son pays, la Birmanie, qui a connu jadis la splendeur. Il part à une réunion politique quand soudainement, des soldats entrent dans la salle et abattent froidement l’assemblée. Bien des années plus tard, Aung San Suu Kyi vit en Grande Bretagne avec son mari Michael et leurs deux enfants Kim et Alexander. En regardant les informations à la télévision, ils voient les images des émeutes birmanes de 1987. Peu de temps après, Suu reçoit un coup de téléphone lui apprenant que sa mère, gravement malade, a été hospitalisée. Elle décide alors de partir pour rester quelques temps auprès d’elle. Sur place, elle découvre l’ampleur des dégâts et l’état d’alerte dans lequel se trouve le pays où elle a grandi.
L’exercice du biopic n’est jamais simple, et on peut dire que The lady ne s’en tire pas trop mal. Le film tient la route tout d’abord grâce à son sujet : la vie d’Aung San Suu Kyi est absolument passionnante. Si son combat bénéficie en France d’un écho médiatique par l’intermédiaire de Jane Birkin, et via Amnesty International, sa renommée internationale a débutée dès le début des années 1990 avec le Prix Nobel de la paix qui lui fut décerné. Le film est d’ailleurs fortement soutenu par l’organisme de défense des droits de l’homme. Il est réalisé avec l’aide de proches collaborateurs de l’activiste birmane et est agrémenté de quelques documents d’époques.

Le souci de sincérité de Luc Besson ainsi qu’une forme de nécessité de porter aux plus grand nombre cette histoire est bien présent, et on ne peut le nier. L’aspect cinématographique de l’histoire est également au rendez-vous ; l’exploitation qu’en fait le cinéaste est moins convaincante. En fait The lady est un film prenant : à aucun moment on ne s‘ennuie, et la qualité de la mise en scène nous emporte assez vite. Luc Besson convoque ses fidèles collaborateurs, dont Thierry Arbogast à l’image et Eric Serra à la musique. C’est un beau travail, avec une lumière douce et une photographie léchée. Peut-être un peu trop, vu le sujet du film.
Tous ces éléments emphatiques renforcent le côté hiératique du long-métrage, empêchant quelque peu l’émotion de poindre. D’autant plus que le pathos est souvent renforcé par des scènes quelquefois trop appuyées et parfois pas nécessaires. La façon de raconter l’histoire est pourtant assez ingénieuse : pour renforcer le sentiment d’isolement des différents personnages, les événements nous sont racontées successivement via l’un ou l’autre des points de vue. Cela a un peu tendance à rendre The lady bancal mais atteint son but. On est donc au final content que le film existe, tout en rêvant à ce qu’il aurait pu être sans ces petits défauts qui gâchent un peu le plaisir.
Ma note : **

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