Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 15 décembre 2010
Genre : thriller d’espionnage
Durée : 1h43
Scénario : Christopher McQuarrie et Julian Fellowes, d’après l’œuvre de Jérôme Salle
Directeur de la photographie : John Seale
Musique : Gabriel Yared
Avec Angelina Jolie (Elise Ward), Johnny Depp (Frank Tupelo), Timothy Dalton (L‘inspecteur général Jones), Paul Bettany (L‘inspecteur John Acheson), Bruno Wolkowitch (L‘officier français), Clément Sibony (Flic sous couverture)…
Synopsis : Pour se remettre d’une rupture amoureuse, Frank, simple professeur de mathématiques, décide de faire un peu de tourisme en Europe. Dans le train qui l’emmène de Paris à Venise, une superbe femme, Élise, l’aborde et le séduit. Ce qui commence comme un coup de foudre va vite se transformer en course-poursuite aussi énigmatique que dangereuse. (allocine)
Mon avis : Le devenir des réalisateurs européens à la sauce hollywoodienne
À l‘époque, Anthony Zimmer était un petit film français que j‘avais trouvé bien sympathique. Je n’en gardais à la mémoire que la trame principale et le twist final. J’ai donc découvert avec curiosité que les américains avaient décidé d’en faire un remake, The tourist. J’ai regardé avec perplexité le casting hétéroclite mais néanmoins riche qui le constitue. Un détail a attiré mon attention, la présence de Florian Henckel von Donnersmarck, dont j’avais admiré le premier film, La vie des autres. La présence au scénario du talentueux Christopher McQuarrie, associé à Julian Fellowes, a achevé d’aiguiser ma curiosité.
Une brigade de policiers français sont chargés par Scotland Yard de traquer Elise Ward. Cette citoyenne britannique en villégiature à Paris risque d’avoir de façon imminente des nouvelles de son amant, mystérieux espion qui a volé la Couronne. Elise reçoit un message de celui-ci, lui demandant de prendre le train de 8h pour Venise. Pour semer ses poursuivants, elle est censée aborder le premier homme ressemblant à son amant. C’est ainsi qu’elle rencontre Frank Tupelo, professeur de mathématiques venant du Wisconsin, un peu gauche et qui tombe tout de suite sous le charme d’Elise.

Avec The tourist, on est en présence d‘un bon vieux divertissement à l‘américaine, plein de rebondissements et de glamour. Le fait que ce soit un projet français à la base est intéressant car ce remake peut passer pour un pur produit de l’entertainment hollywoodien. C’est efficace, réalisé correctement et avec beaucoup d’effets, l’intrigue est haletante et les décors sont dépaysants. On peut arguer qu’en connaissant la fin c’est décevant, que les ficelles nous sautent d’autant plus à la vue, mais serais-je tombé dans le piège si je n’avais pas vu l’original ? Peut-être, là n’est pas forcément le problème puisqu’on passe un moment agréable de toutes façons.
Ce qui est dommage dans The tourist c‘est qu‘on pouvait attendre beaucoup mieux. Le talent de Florian Henckel von Donnersmarck est complètement sous-exploité, il s’est laissé engloutir par la machinerie américaine. On ne reconnaît pas la patte de Christopher McQuarrie, qui ne serait d’ailleurs au final peut-être le brillant scénariste que d’un seul film, à savoir Usuel suspects. Le seul à sauver sa peau est Johnny Depp, absolument impeccable en benêt gentillet qui veut à tout prix faire un coup d’éclat. Sa partenaire, l’insipide Angelina Jolie, passe son temps à se regarder jouer, à faire la moue et à montrer son bon profil. Au final, ça tourne un peu à vide : on assiste à un film passe-temps regardable tout en étant dispensable. Aucune originalité, mais rien d’absolument détestable en soi.
Ma note : *

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