
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 17 mai 2011
Genre : métaphore lyrique
Durée : 2h18
Scénario : Terrence Malick
Image : Emmanuel Lubezki
Musique : Alexandre Desplat
Avec Brad Pitt (M. O‘Brien), Jessica Chastain (Mme O‘Brien), Sean Penn (Jack), Fiona Shaw (La grand-mère), Hunter McCracken (Jack jeune), Kimberly Whalen (Mme Brown)…
Synopsis : Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire. (allocine)
Mon avis : 2011, l’ode hissée de la vie
Rares sont les réalisateurs à savoir prendre de la hauteur. Avec The tree of life, on ne doute plus de la capacité que possède Terrence Malick à se hisser à de tels sommets. Avec seulement cinq films en plus de 25 ans, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il prend son temps, et il a bien raison au vu de la qualité de ses réalisations. Pas une fausse note, et chacun des films est attendu de pied ferme par une nuée de fans hystériques. Et le pire, ou le meilleur c’est selon, c’est qu’ils ne sont pas déçus. Ou plutôt si, certains le sont, et retournent leur veste jusqu’à la détestation. C’est peut-être là qu’on voit si on à affaire à un grand créateur.

Dans son village du fin fond des États-Unis, Jack grandit dans les années 1950 entouré de ses parents et de ses deux frères. Son père est autoritaire, il veut apprendre à ses fils ce qu’est la vie. Qu’elle est dure parfois, et qu’on doit être fort pour s’en sortir et devenir un homme de bien. Sa mère n’est que tendresse et affection. Figure angélique, elle prodigue à ses hommes tout l’amour qu’elle peut donner. Entre jeux initiatiques et nature environnante, les trois garçons apprennent la vie, s’endurcissent. Ils vont connaître leurs premières joies et leurs premières peines, sans cesse écartelés par ces deux figures paternelles et maternelles.
Si émotion il y a dans The tree of life, elle est avant tout esthétique. Beauté des plans magnifiant la nature, photographie soignée : chaque image pourrait être en elle-même un tableau de maître. Le film nous rappelle ainsi que le cinéma est encore un art, au-delà de l’usine à popcorn industrie lucrative qu’il est parfois devenu. La force des images et parfaitement renforcée par une mise en scène fluide et élégante : le film devient élégiaque, un poème sur la beauté du monde qui nous entoure et sur l’existence.

La réflexion prend alors le pas sur l’esthétique, et le propos du metteur en scène prend tout son sens, doucement, délicatement. C’est également un des paradoxes du septième art, maintes fois évoqué par les théoriciens du cinéma, que nous propose The tree of life. La caméra, en filmant, transforme l’être humain en un objet, dématérialisé. Le sujet cesse d’être par lui-même pour ne devenir que représentation. Ce n’est qu’en le mettant face à une réalité qui le dépasse que l’humain reprend sa subjectivité.
Contraint d’admettre qu’il n’est que poussière à côté d’une immensité qui le dépasse, et dont il fait pourtant entièrement partie, l’homme apprend la modestie. D’ailleurs qui peut aujourd’hui se targuer de pouvoir aligner une magnifique (et longue) séquence sur le Big Bang pour ensuite nous narrer les aventures éphémères d’un jeune garçon parmi tant d’autres, et pourtant ô combien singulier ? Démesure de l’absolu, dérisoire beauté de l’intime : The tree of life est un sublime voyage à partager.
Ma note : ****

Haut de page