
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 4 juillet 2012
Genre : histoires sans lien
Durée : 1h51
Scénario : Woody Allen
Photographie : Darius Khondji
Avec Woody Allen (Jerry), Penélope Cruz (Anna), Alec Baldwin (John), Judy Davis (Phyllis), Roberto Benigni (Leopoldo), Ellen Page (Monica)…
Synopsis : To Rome with Love nous fait partir à la découverte de la ville éternelle à travers différentes histoires de personnages, de simples résidents ou de visiteurs pour l’été, mêlant romances, aventures et quiproquos. (allocine)
Mon avis : Quand le mélange ne prend pas
À entendre Woody Allen, le financement de To Rome with love provient de collectivités locales et d’abattements fiscaux. En voyant les affreuses scènes d’introduction et de conclusion, on se demande si ce mode de promotion touristique est vraiment pertinent. En creusant un peu le sujet, on découvre que notre bon vieux Woody a voulu élaborer une intrigue autour du Decameron de Boccace. Le résultat laisse tout de même perplexe, surtout si on le compare à l’adaptation qu’en avait faite Pier Paolo Pasolini au début des années 1970. Ce nouvel opus allenien semble bien pâle face à l’œuvre sensuelle et décadente du réalisateur italien. On se demande alors ce qu’a voulu signifier Allen avec un film sympathique au premier abord mais vite lassant.

Une touriste américaine à Rome cherche la Fontaine de Trevi et demande son chemin à un jeune italien. Ils passent finalement la journée ensemble et se trouvent de nombreux points communs. Leur romance d’un jour semble d’ailleurs plus sérieuse qu’elle n’en avait l’air. Pendant ce temps, un architecte boit un verre sur une terrasse avec son épouse et des amis qui veulent visiter la ville. Lui préfère retourner seul au Trastevere, le quartier où il habitait quand il était étudiant. En cherchant son ancienne maison, il rencontre un jeune architecte qui le reconnaît et lui propose de l'accompagner, puis de boire un verre chez lui avec sa compagne. Celle-ci propose à son compagnon d'accueillir chez eux sa meilleure amie, qui vient de rompre avec son copain.
Le début de To Rome with love est assez bon. Rythmé, drôle, plein de charme, on se dit qu'on a retrouvé le malicieux Woody Allen d'antan. La photographie de Darius Khondji met en valeur les décors romains, qui n'ont de toute façon pas besoin de grand chose pour éveiller en nous des émotions. Les répliques fusent, souvent avec brio, et on se surprend à rire de très bon cœur devant quelques-uns des savoureux personnages que nous a concocté le réalisateur.

Sans compter un casting équilibré qui ménage acteurs locaux (les charmants Riccardo Scamarcio et Ornella Muti pour des rôles certes anecdotiques mais savoureux) et stars américaines (le duo Jesse Eisenberg - Ellen Page fonctionne assez bien). Et puis, malgré une bande originale complètement ratée, un film qui emploie l’excellente Judy Davis ne peut pas être foncièrement mauvais. Malheureusement au bout d'un certain moment la mécanique de To Rome with love se grippe. Les histoires tournent sur elles-même, les blagues se répètent.
Prenons le cas du segment consacré à Roberto Benigni : l'idée est bonne de pointer du doigt la télé réalité et ses célébrités factices mais le propos en reste là. Woody Allen fait tout de même bien de mettre une pincée d'absurde dans son humour avec par exemple ce chanteur d'opéra sous la douche qui rappelle les Marx Brothers. Il a également la bonne idée d'utiliser Alec Baldwin dans un rôle poétique qui rappelle certains des plus beaux films de Woody Allen. Seulement toutes ces idées restent à l'état de projet et finissent par laisser un goût d'inachevé. On ressort de To Rome with love un peu déçu même si la petite musique d’Allen arrive encore un peu à nous charmer.
Ma note : **

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