
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 20 avril 2011
Genre : préado qui se cherche
Durée : 1h22
Scénario : Céline Sciamma
Image : Crystel Fournier
Avec Zoé Héran (Laure), Jeanne Disson (Lisa), Mathieu Demy (Le père), Sophie Cattani (La mère), Malonn Lévana (Jeanne)…
Synopsis : A 10 ans, Laure est un garçon manqué. Arrivée dans un nouveau quartier, elle fait croire à Lisa et sa bande qu’elle est un garçon. Action ou vérité ? Action. L’été devient un grand terrain de jeu et Laure devient Michael, un garçon comme les autres… (allocine)
Mon avis : Questionnements de genres à l’âge des possibles
L'avènement d‘un-e cinéaste est toujours intéressant. De Naissance des pieuvres à Tomboy, Céline Sciamma donne une direction bien affirmée à sa trajectoire. Direction qu’elle changera peut-être au cours du temps, en tout cas pour ce qu’on a vu d’elle force est de constater que la jeune réalisatrice (mais si à trente ans on est toujours jeune… hum) s’intéresse de près à l’adolescence. Aucune trouble obsession là-dessous : ses films abordent avec une justesse impressionnante les premiers pas de jeune filles en devenir. D’un film à l’autre toujours la même période (l’été et ses flâneries avant la rentrée des classes) et toujours cette même volonté de sonder la psyché féminine.
Dans une ville de banlieue, Laure vient d’emménager avec sa famille : sa petite sœur Jeanne, sa mère et son père. C’est la fin de l’été et les deux petites filles, qui ont respectivement 9 et 6 ans, sont fascinées par le gros ventre de leur maman : elle va bientôt accoucher. Un jour, Laure regarde en bas un groupe d’enfants jouer ; elle descend et rencontre la jolie Lisa. Quand elles se présentent, Lisa prend Laure pour un garçon et sans réfléchir celle-ci lui dit qu’elle s’appelle Mickaël. Le jeune garçon va donc être présenté aux autres et commence à s’intégrer au groupe.

C‘est avec une grande finesse et un naturel déconcertant que Tomboy traite de l‘identité de genre. Céline Sciamma ne s’embarrasse pas de psychologie et nous livre les faits bruts de décoffrage. Si on peut trouver dommage que la réalisatrice et ses personnages ne cherchent pas à savoir le pourquoi du comment, finalement on peut se demander si c’est pas mieux comme ça. Au spectateur de se faire sa propre opinion et de creuser tout seul la problématique. Car ici c’est surtout le monde des enfants qui est dépeint : les adultes sont présents, contrairement à son premier film, mais les acteurs principaux de l’histoire sont les enfants. On les suit dans leurs jeux, parfois dangereux, sans jugement ni idée préconçue.
Et la mise en scène de Tomboy suit ce même cheminement. On est sans cesse au plus près des corps, tout en trouvant ça et là des plans magnifiques. La science du cadrage est ici impeccable et la photographie qui capte les tonalités estivales est particulièrement belle. Les deux jeunes actrices jouent naturellement, elles ne sont jamais agaçantes comme peuvent l’être certains enfants acteurs malgré eux. On encaisse certaines scènes difficiles (particulièrement une scène d‘humiliation terriblement dure) tandis que l’atmosphère générale du film est apaisée. Laure n’est pas malheureuse au sein de sa famille, elle éprouve juste des sentiments inattendus qu’elle ne sait pas gérer. C’est le temps de l’innocence, où tout est encore possible et où certains enfants sont bien plus murs que bien des adultes.
Ma note : ****

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