Fiche technique
Film français
Date de sortie : 15 décembre 2010
Genre : amour d'enfance
Durée : 1h45
Scénario : Nicole Garcia et Jacques Fieschi
Directeur de la photographie : Jean-Marc Fabre
Compositeur : Stephen Warbeck
Avec Jean Dujardin (Marc Palestro), Marie-Josée Croze (Marie-Jeanne), Michel Aumont (Robert Prat), Sandrine Kiberlain (Clotilde Palestro), Toni Servillo (Sergio Bartoli), Claudia Cardinale (La mère de Marc)…
Synopsis : Dans le sud de la France, Marc, marié et père de famille, mène une vie confortable d'agent immobilier. Au hasard d'une vente, il rencontre une femme au charme envoûtant dont le visage lui est familier. Il reconnait l'amour de ses 12 ans, dans une Algérie violente, à la fin de la guerre d'indépendance. (allocine)
Mon avis : Les blessures de l'enfance ressurgissent toujours
Avec Un balcon sur la mer, Nicole Garcia réalise peut-être un de ses films les plus personnels. La réalisatrice est née à Oran et a sans doute quelques points communs avec le personnage qu'interprète Jean Dujardin dans le film. Mais elle le fait à sa manière, toujours aussi délicate de film en film. Depuis 20 ans, depuis Un week-end sur deux, elle nous livre un film tous les quatre ans avec son collaborateur de toujours, le scénariste Jacques Fieschi, lui aussi né à Oran. Cette fidélité se ressent dans les univers de leurs films, tous différents et pourtant tous familiers. Ils ont ce point commun de tisser des histoires romanesques à partir de pas grand chose et d'installer des atmosphères prégnantes.
Lors de la visite d'une villa dans le sud de la France, l'agent immobilier Marc Palestro tombe sous le charme de l'acquéreuse potentielle. De fil en aiguille il la recroise au moment où elle s'apprête à quitter son hôtel pour repartir. En la regardant plus attentivement, il la reconnaît soudain : c'est la fille qu'il a connue petite, à Oran, quand ils étaient enfants. Bouleversé par cette rencontre qui ravive en lui de nombreux souvenirs, il insiste pour la raccompagner à la gare. Très vite le courant passe entre les deux anciens amoureux et ils décident de s'arrêter à l'hôtel pour passer la nuit ensemble. Lui donnant rendez-vous à la date de la signature du bien immobilier, Marc s'en retourne auprès de sa femme Clotilde et de sa fille.

Formellement, Un balcon dans la mer est d'une facture très classique. On est en présence d'un bon cinéma d'auteur traditionnel, élégant et raffiné. Nicole Garcia a du talent, beaucoup de talent, et ça se voit, mais pas trop. Rien n'est tape à l'œil dans le film, rien n'est ostentatoire mais tout est réglé comme sur du papier à musique. L'intrigue se déroule très linéairement, en plusieurs partie d'égales qualité. Les différents moments du film (la romance, l'intrigue quasi-policière, le drame) donnent un rythme qui ne faiblit jamais. On pense beaucoup à Place Vendôme, dans la façon qu'à Nicole Garcia de nous raconter une histoire dont les fondations se trouvent dans le passé, tout en créant une ambiance chaleureuse dans un milieu particulier (le luxe des joailliers est remplacé par l'apparat de l'immobilier).
On suit donc avec intérêt les aventures de Marc dans Un balcon sur la mer. On a envie de comprendre ce qui s'est passé, quel est ce mystère qui, on le sait pertinemment, nous sera révélé en temps et en heure. C'est peut-être un peu ça qui est dommage : le film est sage et n'a rien d'original. Il possède évidemment de très bons atouts, en l'occurrence Jean Dujardin qui, une fois bien dirigé, peut s'avérer un bon acteur, et Marie-Josée Croze comme toujours excellente, ici en femme délicate et mystérieuse qui cache une faille au fond d'elle-même. Le film ne restera sans doute pas profondément dans les mémoires mais il demeure un divertissement de qualité, appréciable et sensible, à l'image de son auteur.
Ma note : **

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