
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 14 septembre 2011
Genre : lutte fratricide
Durée : 2h20
Scénario : A. M. Tambakis et Clif Dorfman
Image : Masanobu Takayanagi
Musique : Mark Isham
Avec Joel Edgerton (Brendan Conlon), Jennifer Morrison (Tess Conlon), Tom Hardy (Tommy Conlon), Nick Nolte (Paddy Conlon), Frank Grillo (Frank Camapana), Kevin Dunn (Joe Zito)…
Synopsis : Ancien Marine brisé, Tommy Conlon rentre au pays et demande à son père de le préparer pour un tournoi d’arts martiaux mixtes qui lui permettrait de gagner une fortune. Personne ne sait ce qu’il espère faire de cet argent. Le propre frère de Tommy, Brendan, décide lui aussi de s’engager dans la compétition pour essayer de sauver sa famille. (allocine)
Mon avis : Qui trop embrasse mal étreint
La sortie à six mois d‘écart de Fighter et de Warrior attise la curiosité. Les deux films qui évoquent l’entourage familial de combattants des rings ont été développés à la même période. La société de production du deuxième a fait le choix, somme toute judicieux de reporter la sortie du film. Mais ils n’évoquent pas tout à fait le même sport : si le premier se plaçait dans l’univers pur et dur de la boxe, le second est plutôt sur le créneau des arts martiaux mixtes. C’est une sorte de mélange entre la lutte et le pugilat, qui évoque à maints égards le catch. C’est un sport visiblement assez populaire aux États-Unis, et dont la fédération, l’Ultimate Fighting Championship, organise des tournois spectaculaires à la démesure impressionnante. Voilà donc un cadre qui peut tout à fait fasciner un réalisateur, qui plus est hollywoodien.

Quand il rentre chez lui un soir, Paddy Conlon a l‘agréable surprise de voir son fils Tommy qui l‘attend sur le pas de sa porte. Les deux hommes ne se sont plus donné de nouvelles depuis plusieurs années et Tommy ne sait même pas que sont père est sobre depuis plus de trois ans. Si il vient le voir c’est pour lui demander une faveur : l’entraîner de nouveau, comme au bon vieux temps. Car Tommy veut absolument gagner le tournoi d’arts martiaux mixtes Sparte, qui se déroule dans quelques semaines. De son côté, son frère Brendon est professeur de physique et est marié et père de deux filles. Il est également acculé de dettes et ne sait plus comment s’en sortir : il va bientôt être menacé d’expulsion.
C‘est fou ce que Warrior peut être américain. Déjà c’est un film de studio, et ça se voit : attention apportée aux cadres, scénario bien calibré, personnages forts aux lourds passés. Hollywood débarque avec ses grands sabots et ne fait pas dans la dentelle, avec toutefois pas mal de réussite. Les thèmes abordés sont multiples : la guerre en Irak, la crise financière, la rédemption du père anciennement alcoolique, l’amour conjugal qui résiste à tout, la solidarité des élèves, le principal qui n’est finalement pas si intransigeant qu’il n’en a l’air.

Le film est ainsi très chargé, trop même : à vouloir ainsi brasser tellement de thématiques le discours s’éparpille et l’histoire s’affadit. C’est est un des défauts potentiels dans lequel tombent trop de films de studio formatés, qui veulent contenter le plus grand nombre et au final déçoivent. Pourtant certaines qualités sont au rendez-vous dans Warrior. Le film nous épargne quelques flashbacks trop appuyés, et gardent ainsi un voile pudique de mystère autour des traumatismes de l’enfance qu’ont pu vivre les deux protagonistes principaux.
Sa mise en scène est propre, il possède une photographie assez bien travaillée et un casting à la hauteur. On appréciera en particulier Nick Nolte, encore une fois dans un rôle qui lui est familier mais qu’il maîtrise à la perfection. Le sentiment qui se dégage de Warrior est toutefois mitigé, tant les ficelles du scénario sont prévisibles et ont été vues et revues dans de nombreux films, y compris qui traitaient du même environnement. La morale est également trop appuyée pour être sincèrement appréciée : une certaine forme de manichéisme nuit quelque peu à l’ensemble et empêche l’émotion pure de surgir.
Ma note : *

Haut de page