Lundi 21 mai 2012
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Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 9 mai 2012
Genre : famille délabrée
Durée : 1h52
Scénario : Seth Grahame-Smith et John August, d’après l’oeuvre de Dan Curtis
Photographie : Bruno Delbonnel
Musique : Danny Elfman
Avec Johnny Depp (Barnabas Collins), Michelle Pfeiffer (Elizabeth Collins), Jackie Earle Haley (Willie Loomis), Helena Bonham Carter (Julia Hoffman), Jonny Lee Miller (Roger Collins), Eva Green
(Angelique Bouchard)…
Synopsis : En 1752, Joshua et Naomi Collins quittent
Liverpool, en Angleterre, pour commencer une nouvelle vie en Amérique avec leur jeune fils Barnabas. Vingt années passent et Barnabas a la ville de Collinsport à ses pieds. Riche et puissant,
c’est un séducteur invétéré… jusqu’à ce qu’il brise le cœur d’Angelique Bouchard. (allocine)
Mon avis : Renaissance pop dans l’ironie et le second
degré
Avant d’être un film, Dark Shadows était une série, diffusée entre 1966 et 1971 sur ABC.
L'originalité de l’œuvre est quelle se présentait comme un soap opéra fantastique. Son caractère surnaturel n'apparait d’ailleurs qu'au bout d’un an, après une longue exposition des personnages.
Dans l’œuvre de Tim Burton, la séquence d’introduction (magnifique générique sur l’air de Nights in white satin) est très brève et le personnage principal nous est très
vite présenté. La surprise est de voir que ce personnage est un vampire, figure qui était jusque là absente de l’univers du cinéaste. Son univers gothique comportait en effet de multiples
créatures mais pas à proprement parler de vampires. Et ce n’est pas là la seule originalité du film.
Ruinée, la famille Collins s’embarquent en Amérique pour refaire fortune. Ils réussissent brillamment et vingt ans plus tard le fils Barnabas est à la tête d’un commerce florissant. Il entretient
une liaison passionnelle avec Angélique Bouchard, rousse vénéneuse qui est folle amoureuse de lui. Épris d’une autre, il n’entretient pas les mêmes sentiments et la jeune femme en est
profondément blessée. Adepte de magie noire, elle invoque les esprits et jette un sort aux parents de Barnabas, qui meurent dans un accident tandis que le manoir des Collins prend feu. Pendant ce
temps Barnabas cherche sa fiancée qu'il trouve au bord d’une falaise, sur le point de se jeter à l’eau. Il ne peut empêcher la mort de la jeune femme, provoquée par la maléfique Angélique.
Beaucoup sont déçus par Dark shadows et ne semblent pas y retrouver la grâce des meilleurs films de Tim
Burton. S’il ne fait peut-être pas partie de son trio de tête, on y retrouve pourtant tout l’univers du cinéaste, et plus encore. L’humour décalé transparaît régulièrement, mâtiné d’une
histoire et d’un contexte sombres à souhait. C’est un conte fantastique que nous narre ici le réalisateur dont l’exposition à la Cinémathèque française vaut vraiment le coup d’œil. En y
parcourant les salles, on pourra constater combien Dark Shadows est cohérent dans son œuvre et pourtant original. Car ici, en plus de personnages excentriques interprétés de
façon impeccable par un casting de qualité, on retrouve quelques thématiques plus originales, comme le sexe ou la culture pop, qui s’y elles apparaissent jusqu’ici en filigrane sont ici beaucoup
plus affirmées.
Si Tim Burton choisit de situer l’action de Dark Shadows dans les années 70 ce n’est pas anodin.
Bien sûr la série originale se déroulait durant cette période très particulière, en particulier pour les États-Unis. Mais quand le cinéaste adapte justement cette série on ne peut s’empêcher de
penser qu'il nous envoie un message critique sur la société contemporaine. Les germes de la société de consommation transparaissent à cette époque bien précise, et de nombreux indices ponctuent
le film pour nous le faire remarquer. Du M détourné de Mephistopheles à la guest star de la fête organisée au manoir, tout y est pour nous faire prendre conscience des dérives à venir de
la société consumériste. Pourtant le cinéaste est malicieux, et ne se montre pas plus tendre avec les hippies, qui défendaient un autre type de société. C’est bien là l’art d’un cinéaste
original, qui se démarque de ses congénère et qui réussit un film brillant et tout à fait réjouissant.
Ma note : ****
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