Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 06:49

Chaperon_Rouge.jpg
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 20 avril 2011
Titre original : Red riding hood
Genre : conte revisité
Durée : 1h40
Scénario : David Leslie Johnson, d’après l’œuvre de Sarah Blakley-Cartwright
Image : Mandy Walker
Musique : Brian Reitzell et Alex Heffes
Avec Amanda Seyfried (Valérie), Shiloh Fernandez (Peter), Julie Christie (La Grand-Mère), Gary Oldman (Salomon), Virginia Madsen (Suzette), Billy Burke (Césaire)…

Synopsis : Pendant des dizaines d’années, les habitants du village de Daggerhorn avaient réussi à vivre en bonne intelligence avec le loup-garou qui hantait leur région. Il offraient à la Bâte un agneau les nuits de pleine lune pour s’en protéger. Mais voilà qu’à l’approche de la Lune de Sang, le loup glouton dévore Lucie, la sœur aînée de la jeune et belle Valérie…

Mon avis : Mords moi (le nœud) si tu veux

La note d’’intention de ce Chaperon rouge ne manque pas d'intérêt : il s‘agit de revenir aux sources du conte de Perrault, sombres et inquiétantes. Dans les années soixante-dix, Bruno Bettelheim s’était déjà attardé sur la dimension psychanalytique des contes de fées, en particulier du Petit chaperon rouge. Sa thèse, superbement mise en images par Neil Jordan dans sa Compagnie des loups, évoquait le passage d’une adolescente à l’âge adulte et les différentes proies que sont pour elles les  figures masculines. Ici on est loin d’une telle interprétation : Catherine Hardwicke surfe sur la vague Twilight et autres Harry Potter pour nous emmener dans un univers fantastique aux résonnances romantiques.

Quand elle était petite, Valérie défiait les conseils de sa mère : elle s’aventurait dans les bois pour passer du bon temps avec le beau Peter. Dix ans plus tard, elle est toujours amoureuse du bellâtre mais sa maman a pour elle d’autres ambitions : elle la fiance au non moins beau Henry, qui a de la fortune. Apprenant cette fâcheuse nouvelle, Valérie tente de fuir avec Peter ; las, le glas du village sonne : la sœur de Valérie vient de périr sous les griffes du loup-garou. Celui-ci était jusqu’à présent tenu à distance par la populace mais il s’est visiblement réveillé. Les villageois, bien décidés à venger la petite Lucie, partent donc en groupe pour tuer la bête.

On a bizarrement envie de sauver quelque chose du Petit Chaperon rouge. La photo et les décors sont jolis, mais quand on commence comme ça c’est pas bon signe. Sinon le casting réserve quelques bonnes surprises parmi les second rôles : Julie Christie est comme d'habitude excellente et on a plaisir à revoir Virginia Madsen ou Lukas Haas, même si on se demande ce que son personnage vient faire là. En fait c’est à peu près tout ce qu’on peut sauver du film : les mouvements de caméra incessants masquent une absence totale de mise en scène, les rebondissements de l’intrigue sont surlignés et prévisibles tandis que les personnages sont des clichés ambulants.

On sent que Le chaperon rouge est un pur produit de marketing destiné aux midinettes adolescentes. Le studio Warner a donc récupéré Catherine Hardwicke, la réalisatrice du premier opus de Twilight, ainsi qu’un de ses acteurs, à savoir Billy Burke, mais également Shiloh Fernandez, plutôt connu sous le nom du « mec qui a passé le casting pour interpréter Edward Cullen ». Et là je perds la moitié de mes lecteurs : mais si vous savez bien, c’est le nom du héros de la saga vampiro-lougaroutesque. Elle récupère aussi pas mal de ses ingrédients : un zeste de monstre issu de l’univers du fantastique, une histoire romantique à l’eau de rose… que du bonheur. Sans vous parler de la fin qui essaye de donner une vague cohérence à l’ensemble au travers d’une pirouette pathétique : non, sans façons, on peut légitimement passer son chemin.

Ma note : °

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