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Blow up (1966) Michelangelo Antonioni

par Neil 19 Août 2007, 23:11 1960's

blowup.jpgFiche technique
Film britannique
Date de sortie : 1er mai 1967
Genre : révélation photographique
Durée : 1h50
Scénario : Michelangelo Antonioni et Tonino Guerra d’après l’œuvre de Julio Cortazar
Musique : Herbie Hancock
Photographie : Carlo Di Palma
Avec David Hemmings (Thomas), Vanessa Redgrave (Jane), John Castle (Bill), Sarah Miles (Patricia), Peter Bowles (Ron), Jane Birkin (La blonde)…

Synopsis
: Dans le Londres des années soixante, Thomas, photographe de mode très dans le vent, prépare un album réaliste sur la capitale britannique. C’est ainsi que, dans un parc, il prend en cliché un couple d’amoureux. Mais la jeune femme Jane exige les négatifs, allant jusqu’à s’offrir à lui pour les récupérer. (Allociné)

Mon avis
: La preuve par l’image

Tout d’abord j’ai trouvé ça étonnant : imaginer Michelangelo Antonioni réaliser un film dans le swinging London, c’est comme demander à Bruno Dumont un film sur les nuits d’Ibiza. Et le taciturne réalisateur de L’avventura de porter durant la première partie de Blow up un regard de quasi-entomologiste sur une société du paraître et de l’instant. Thomas, le photographe incarné par David Hemmings, empli de fatuité et de condescendance, représente ainsi parfaitement cet univers de la mode qui commence à prendre tellement d’importance. Dans une introduction qui traîne (volontairement) trop en longueur, on va le suivre dans ses pérégrinations londoniennes : sortant d’un asile de clochards où il a travaillé toute la nuit il se rend au studio où l’attend une top-modèle (ancienne maîtresse ?) avec qui il fait une séance photo à forte charge érotique. Puis il la quitte, méprisant, pour une autre séance où il se montre tout aussi odieux avec d’autres mannequins.

Le cadre est posé, le caractère du futile personnage principal est présenté. Durant le reste du film Antonioni nous montrera sa progressive prise de conscience de la vacuité de son existence. Tout commence avec ces fameux clichés pris à la dérobée et dont personne, ni Thomas ni le spectateur n’imagine l’importance. La scène de la révélation (le terme est ici particulièrement adéquat) est d’ailleurs remarquable : Thomas est d’abord attiré par l’aspect général des photos pour petit à petit s’intéresser à quelques infimes détails qui vont lui faire reconsidérer ce qu’il a vu (ou cru voir). C’est là tout le propos de Blow up : le film nous fait nous questionner sur le sens des images et sur leur portée. Dans une société qui a tendance à porter aux nues un David Hamilton, quel est le rôle du photographe, si tant est qu’il en ait un. Et où se situe la frontière entre réalité et fiction ? David Hemmings interprète d’ailleurs très bien les divers stades de l’artiste qui passe du spectateur-voyeur au protagoniste qui croit pouvoir par son travail avoir prise sur le réel pour finalement se rendre compte (très belle scène finale) de la fine frontière qui sépare réalité et illusion. A ses côtés, Vanessa Redgrave s’impose dans un rôle sans doute plus complexe qu’il n’y paraît. La photographie de Carlo DiPalma, futur chef opérateur attitré de Woody Allen, est superbement maîtrisée, tandis que certaines scènes (notamment le concert avec Jimmy Page ) vont vite devenir cultes. Peut-être pas le meilleur Antonioni, Blow up n’a toutefois pas volé son grand prix à Cannes.

Ma note : 8/10

commentaires

coq 11/09/2007 23:04

le concert avec jimmy page ET jeff beck, c'est surtout ça le côté culte il me semble (n'en déplaise au fans inconditionnels de Led Zeppelin) de cette scène puisque c'est un des très très rares documents visuels où on les voit ensemble dans les yardbirds. rien que pour cette scène d'anthologie, le 8/10 est mérité. haut la main.

Neil 12/09/2007 23:28

Ah oui effectivement c'est un concert bien particulier, et mémorable. Merci pour la précision :)

Bastien 03/09/2007 12:59

Ouh là, que de retard à rattraper ! lol

Blow Up... Pas le cinéma que je préfère mais je dois pourtant reconnaître une certaine fascination pour cette plongée unique dans l'inconnu, car avec Antonioni nos repères sont souvent tronqués comme il l'a jolimen prouvé avec Profession : reporter. Je dois le revoir sus peu, mais je sais que ce ne sera jamais une corvée...

Neil 03/09/2007 17:38

Oui, moi aussi comme toi j'ai un peu de mal avec Antonioni quelquefois... mais je vois que je ne suis pas le seul à apprécier Profession : reporter "_"

Beno�t 22/08/2007 22:27

Je n'ai malheureusement pas vu cet Antonioni mais il faut dire qu'il m'intéresse beaucoup. Ta critique ne fait confirmer que le bien dont j'ai entendu autour de cette oeuvre.

eeguab 21/08/2007 20:00

Pour Antonioni je vous assure que ça vaut le voyage.Je ne le connaissais pas très bien mais peu à peu je découvre et je vous assure qu'il mérite une seconde chance.Drôle de périple que de passer du Néoréalisme aux hippies et au voyeurisme,puis à la Chine.A +

Neil 22/08/2007 09:10

Oui c'est vrai que son parcours est étonnant et mérite d'être remarqué. Et je reste pour ma part baba devant Profession : Reporter

Hartigan 20/08/2007 13:49

Je n'ai jamais réussi avec ce film. Sans doûte faudrait-il que je le revois... un jour peut-être...

Neil 21/08/2007 08:34

ça c'est l e double effet Antonioni lol (moi c'est pareil avec L'avventura)

karamzin 20/08/2007 03:25

beau texte! parce qu'il me donnerait presqu'envie de me plonger à mon tour dans cet antonioni que je n'ai jamais visité n'ayant pas vraiment d'atomes crochus avec le cinéma italien, (hormis pour visconti et rosi bien sûr)

Neil 20/08/2007 10:09

Et pourtant le cinéma italien regorge de pépites ! Bon, je ne suis pas sûr que je te conseillerais Antonioni pour débuter, mais Blow up encore ça va.

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