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Aimer, boire et chanter (2014) Alain Resnais

par Neil 23 Mars 2014, 06:54 Avant-Première

Aimer_Boire.jpgFiche technique
Film français
Date de sortie : 26 mars 2014
Durée : 1h48
Genre : petites cachoteries
Scénario : Laurent Herbiet et Alex Reval, d’après l’œuvre d’Alan Ayckbourn
Image : Dominique Bouilleret
Musique : Mark Snow
Avec Sabine Azéma (Kathryn), Hippolyte Girardot (Colin), Caroline Silhol (Tamara), Michel Vuillermoz (Jack), Sandrine Kiberlain (Monica), André Dussollier (Siméon)...

Résumé
 : lorsque le médecin Colin apprend par mégarde à sa femme Kathryn que les jours de son patient George Riley sont sans doute comptés, il ignore que celui-ci a été le premier amour de Kathryn. Les deux époux, qui répètent une pièce de théâtre avec leur troupe amateur locale, persuadent George de se joindre à eux. Cela permet à George, entre autres, de jouer des scènes d’amour appuyées avec Tamara, la femme de son meilleur ami Jack, riche homme d’affaires et mari infidèle.

Mon avis
: à la vie, à la mort

L’ultime film d’Alain Resnais sera donc Aimer, boire et chanter : nul doute que le malicieux réalisateur n’a pas choisi ce nom par hasard. Car la pièce d’Alan Ayckbourn qu’il adapte ici a pour nom Life of Riley, ce qui n’a pas grand chose à voir avec le titre du film. Il faut peut-être y voir un indice, le résumé d’une philosophie de la vie que Resnais a tâché d’imprimer dans nombre de ses œuvres. Nous y retrouvons également le thème de la mort, et puis le théâtre, mais aussi les relations amoureuses, et un animal, figure récurrente et néanmoins discrète de ses films. Bref, sans parler de film somme, ce dernier s’inscrit dans une filmographie tout à fait cohérente, et absolument passionnante pour qui se plongerait de plus près dans l’œuvre d’un cinéaste iconoclaste, à la fois classique et moderne, toujours plein de vivacité.

Dans leur petit jardin, Kathryn et Colin répètent la pièce de théâtre qu’ils vont bientôt jouer sur scène avec leur amie Tamara. Ils se chamaillent comme un vieux couple lorsque le téléphone sonne ; Colin répond et Kathryn lui demande d’être bref car ils sont déjà en retard pour les répétitions. En revenant, Colin semble préoccupé : il raconte à sa compagne que le coup de fil qu’il vient de recevoir lui a apporté une mauvaise nouvelle concernant un de ses patients. En le cuisinant, Kathryn apprend qu’il s’agit d’un instituteur prénommé George : elle reconnaît alors un de ses amis. Quant à elle, Tamara retrouve son époux Jack qui revient de week-end, lui déposant son linge sale. Méfiante, elle essaye d’en savoir un peu plus, le soupçonnant d’entretenir une liaison. Il fait comme si de rien n’était et la laisse se préparer pour recevoir ses amis pour la répétition.

Une fois de plus avec Aimer, boire et chanter, Alain Resnais explore les relations qu’entretiennent théâtre et cinéma. Le réalisateur a toujours été fasciné par les dispositifs qui lui permettaient de transcrire sur un écran le caractère dramatique des œuvres dont il s’inspirait. Car rares sont les scénarios originaux issus de sa filmographie, et nombreuses sont ses adaptations de pièces de théâtre. Le formaliste profite généralement de ce défi pour renouveler sa façon de présenter les choses : pour lui, l’émotion naît de la forme autant que du fond. Ici les innovations, saluées par le jury du festival de Berlin par le prix Alfred Bauer, qui récompense « un film ouvrant de nouvelles perspectives », un comble pour un réalisateur alors âgé de 91 ans, passent par des décors épurés, quelques monologues sur fond noir et blanc, et une interaction continue entre cinéma, théâtre et bande dessinée.

Malheureusement, Aimer, boire et chanter ne fonctionne pas complètement. L’émotion qui est censée jaillir n’est pas vraiment transmise au spectateur, qui assiste sans déplaisir à plusieurs prestations toutes aussi bonnes les unes que les autres. La mise en scène de Resnais est maîtrisée, et les aller-retour entre les différents modes d’expression sont très bien amenés. La composition des interprètes ne souffre d’aucun reproche, dans la limite de l’exercice de style imposé. En effet, on sent souvent, notamment chez Sabine Azéma, qu’ils se forcent presque à adopter un ton théâtral. Ce n’est que lorsqu’ils s’échappent et retrouvent un phrasé naturel que l’émotion commence à poindre, souvent un peu trop tard. Le spectateur se retrouve donc la plupart du temps extérieur au récit, et même si les personnages sont parfaitement dépeints, dans leurs failles comme dans leurs faiblesses, on ne sait pas trop si cela vient de la qualité de la pièce ou de celle du film.

Ma note : **

commentaires

Leo M 10/12/2014 11:01

L’histoire est plutôt intéressante, mais il manque du punch dans la mise en scène.

neil 10/12/2014 19:43

Oui c'est vrai

Denver 28/11/2014 10:10

J'ai trouvé ça affreux...

neil 30/11/2014 11:17

Affreux, n'exagérons pas...

dasola 27/03/2014 07:22


Bonjour Neil, pour rester gentille, je me suis assez ennuyée et je trouve l'ensemble traîne, traîne, traîne. Bonne journée.

Neil 27/03/2014 19:24



Bonsoir Dasola,
Je peux comprendre ton manque d'enthousiasme. Et ce n'est pas le décès de son auteur qui doit affadir notre jugement !
Bonne soirée.



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