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Alata (2013) Michael Mayer

par Neil 20 Mai 2013, 05:33 Avant-Première

AlataFiche technique
Film israélien
Date de sortie : 22 mai 2013
Titre original : Out in the Dark
Duré : 1h36
Genre : amour en danger
Scénario : Yael Shafrir
Image : Ran Aviad
Musique : Mark Holden et Michael Lopez
Avec Nicholas Jacob (Nimer Mashrawi), Michael Aloni (Roy Schaefer), Khawlah Hag-Debsy (Hiam Mashrawi), Jamil Khoury (Nabil Mashrawi), Loai Nofi (Mustafa Na'amne), Alon Pdut (Gil)...

Synopsis: Nimer, un étudiant palestinien réfugié clandestinement à Tel Aviv, rêve d’une vie meilleure à l’étranger. Une nuit, il rencontre Roy, un jeune avocat israélien. Ils s’éprennent l’un de l’autre. Au fil de leur relation, Nimer est confronté aux réalités cruelles de la communauté palestinienne – qui rejette son identité – et de la société israélienne – qui ne reconnaît pas sa nationalité.

Mon avis
: conflits territoriaux et trouble intérieur

Ce que nous propose Alata, c’est de nous plonger en creux dans le conflit israélo-palestinien : le personnage principal du film est un palestinien qui fait ses études à Tel Aviv. Mais le réalisateur Michael Mayer opte volontairement pour une définition géographique assez vague afin de mieux intégrer son récit dans les luttes actuelles. Originaire de Haïfa mais installé en Californie, il désirait faire un film aux résonnances politiques mais dont le sujet de fond est bien la rencontre de deux hommes et leur histoire d’amour. Choisir Tel Aviv pour poser l’intrigue de son récit semblait donc aller de soi, la capital d’Israël atant aujourd’hui considérée comme l’une des villes gays et tolérantes les plus réputées. C’est justement cette sémantique que le réalisateur souhaitait interroger en la mettant à l’épreuve des faits.

Réussissant à entrer dans une discothèque de Tel Aviv, Nimer, jeune palestinien, tente de commander une boisson au bar. À ses côtés, Roy essaye lui aussi sans succès d’interpeler le barman. Ils en rigolent tous les deux, le courant passe et ils commencent à discuter. Mustafa, un ami de Nimer, se joint à eux et dit au jeune homme combien il trouve Roy mignon. À la fin de la soirée, Nimer se voit obligé de rentrer en voiture avec un de ses amis ; Roy propose de le raccompagner mais c’est impossible car il habite Ramallah. Ayant récupéré les coordonnées de Roy, Nimer reprend donc sa vie de psychologue à l’hôpital et retrouve quelques jours plus tard Mustafa. Celui-ci lui dit qu’il a rencontré Roy par hasard et que le jeune homme lui a demandé de ses nouvelles. Voyant le trouble que ressent Nimer, il l’enjoint à le contacter, et à le revoir.

Le début d’Alata ne brille pas vraiment par son originalité. Nous suivons la rencontre classique de deux gays, et les premières scènes nous font redouter un film estampillé LGBT comme on en voit tant. Puis le film évolue doucement, jusqu’à un twist qu’il serait dommageable de révéler. À partir de ce moment, l’intrigue se densifie et la situation se noue, plaçant les personnages face à des choix auxquels ils vont être obligés de se confronter. Mais le réalisateur se garde bien de faire un film politique : si la tension qui sous-tend le récit est indéniable, ce qui l’intéresse c’est bien la relation entre les deux protagonistes. Et il parvient assez bien à nous convaincre, nous croyons à ce coup de foudre qui frappe ces deux êtres que tout oppose, unis dans la sensualité des corps et dans l’amour qui naît l’un pour l’autre.

Si la mise en scène d’Alata ne brille pas d’originalité, le réalisateur apporte à son film une tension qui monte crescendo. On retient en particulier une scène de froide explication en famille, ou bien une course poursuite haletante dans les rues de Tel Aviv. Si le genre même du film ne nous laisse que peu d’espoir quant à la conclusion du récit, la construction du scénario est assez habile pour nous permettre toutefois d’entrevoir une issue de secours favorable. La beauté des deux acteurs illumine une photographie pauvre, bien que leur interprétation ne casse pas de briques. C’est dans ce qu’il raconte que le film s’avère très intéressant, et le coup de pied qu’il donne dans la fourmilière de ce Proche-Orient où la situation des homosexuels est définitivement plus complexe qu’elle n’en a l’air, mérite qu’on s’y attarde.


Ma note : ***

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