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Après mai (2012) Olivier Assayas

par Neil 25 Décembre 2012, 06:20 En salles

Apres_Mai.jpgFiche technique
Film français
Date de sortie : 14 novembre 2012
Genre : éducation sentimentale
Durée : 2h02
Scénario : Olivier Assayas
Image : Éric Gautier
Avec Clément Métayer (Gilles), Lola Creton (Christine), Félix Armand (Alain), Carole Combes (Laure), Hugo Conzelmann (Jean-Pierre), India Salvor Menuez (Leslie)...

Résumé : Région parisienne, début des années 70. Jeune lycéen, Gilles est pris dans l’effervescence politique et créatrice de son temps. Comme ses camarades, il est tiraillé entre un engagement radical et des aspirations plus personnelles. De rencontres amoureuses en découvertes artistiques, qui les conduiront en Italie, puis jusqu’à Londres, Gilles et ses amis vont devoir faire des choix décisifs pour trouver leur place dans une époque tumultueuse. (allocine)

Mon avis
:  les illusions perdues de la génération d’après

On peut considérer Après mai comme une suite, ou comme une variation sur L’eau froide. Les personnages principaux des deux films s’appellent Gilles et Christine, les deux long-métrages se déroulent au début des années 70 et racontent la vie d’adolescents ou de jeunes adultes. Et comme par hasardOlivier Assayas avait seize ou dix-sept ans à l’époque où se passent leur narration. De là à considérer que l’on peut trouver beaucoup d’éléments biographiques dans ces œuvres, oui on peut le dire, sachant que Gilles est, tout du moins dans Après mai, un artiste en herbe. Ainsi Assayas, qui habilement change de style comme de paire de chaussette, se replonge cette fois-ci dans une époque qu’il a bien connu et nous raconte, avec un ton à la fois doux et amer, l’histoire d’un génération née trop tard.

Quand les cours se terminent, Gilles vend un journal militant aux élèves et participe activement aux événements politiques menés par les étudiants. Lors d’une manifestation ils sont pris à partie par la police et arrivent in extremis à se retrancher dans un immeuble tandis que d’autres de leurs camarades se font maltraiter. Gilles est amoureux de Laure, une jeune femme qui aime voir son côté artiste et particulièrement ses peintures. Mais Laure lui annonce qu’elle va bientôt devoir partir à Londres avec ses parents, et qu’elle ne souhaite pas qu’ils s’écrivent. Ils se disent ainsi au-revoir, tout en étant encore amoureux l’un de l’autre. Gilles s’en retourne à ses engagements, et les relations ne sont pas simples entre les militants : une frontière se construit entre ceux qui prônent une méthode dure et les autres.


Un certain pessimisme se dégage d’Après mai, comme si l’auteur regardait de façon dubitative ses années de jeunesse. Ce qui est intéressant, c’est justement le point sur cette époque d’un de ses partisans de l’époque. Olivier Assayas ne jette pas le bébé avec l’eau du bain : son idée n’est pas de tourner la page de mai 68. L’héritage de cette époque il l’assume complètement, mais il rend bien compte dans sa narration des difficultés que les protagonistes ont essuyées. Oui leurs idéaux étaient beaux, oui leur lutte avait du sens, seulement les luttes internes existaient déjà et certaines de leurs actions étaient vouées à l’échec. On sent ainsi dans le film à la fois de la nostalgie et de la déception, mais surtout beaucoup de tendresse pour ces personnages qui voient petit à petit leurs rêves s’estomper, comme Balzac le racontait dans ses Illusions perdues.

Et Après mai n’y va pas de main morte avec la reconstitution de l’époque. Olivier Assayas soigne les moindres détails de son film et nous offre un catalogue (trop ?) exhaustif d’objets des années 70. Reste que la photographie opérée par Éric Gautier, le fidèle collaborateur du réalisateur, est de toute beauté et nous offre quelques images de toute beauté. Si le film pêche, c’est par un scénario un peu bancal, et parce qu’on a du mal à s’attacher à un personnage principal mou du genou. Assayas nous dresse le profil d’un jeune homme paumé, qui est clairement plus indécis que ses amies, et qui va de l’une à l’autre sans flamme. Reste un joli portrait de génération, qui ne va pas révolutionner le cinéma français mais qui figure en bonne place dans le paysage du cinéma d’auteur contemporain.


Ma note : ***

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