Partager l'article ! L’étrange affaire Angélica (2010) Manoel de Oliveira: Fiche technique Film portugais Date de sortie : 16 mars 2011 Titre ori ...
Comment je les ai critiqués... (ma vie textuelle)

Fiche technique
Film portugais
Date de sortie : 16 mars 2011
Titre original : O Estranho Caso de Angélica
Genre : un ange passe
Durée : 1h35
Scénario : Manoel de Oliveira
Image : Sabine Lancelin
Avec Ricardo Trepa (Isaac), Pilar Lopez de Ayala (Angélica), Luis Miguel Cintra (L‘ingénieur), Leonor Silveira (La mère),
Filipe Vargas (Le mari), Ana Maria Magalhaes (Clementina)…
Synopsis : Une nuit, Isaac, jeune photographe et locataire
de la pension de Dona Rosa à Régua, est appelé d’urgence par une riche famille afin de faire le dernier portrait de leur fille Angélica, une jeune femme morte juste après son mariage. Dans la
maison en deuil, Isaac découvre Angélica et reste sidéré par sa beauté. (allocine)
Mon avis : Obsession fatale pour amoureux
transi
Il était temps que je vois un film de Manoel de Oliveira : il a quand même 102 ans (et toutes ses dents) ce jeune
homme. Donc c’est chose faite avec L’étrange affaire Angélica, portée aux nues par une (très) grande partie de la critique nationale. De Oliveira je ne savais pas
grand-chose, mise à part qu’il affectionne particulièrement les plans fixes, et qu’on le compare souvent à Ozu. Ce qui n’est pas le moindre des compliments, vu la haute estime qu’on peut
légitimement porter sur le réalisateur japonais. De Oliveira j’avais voulu voir La lettre, portée par la talentueuse Chiara Mastroianni, et je l’avais raté : il faudra
que je rattrape ça un de ces quatre.
Tard le soir, il pleut quand l‘intendant du domaine Quinta das Portas frappe à la porte d‘un immeuble. Une vieille femme
apparait sur la balcon, qui s’étonne qu’on la réveille. C’est qu’on cherche en urgence un photographe, son mari en l’occurrence, qui n’est pas là. Un passant assiste à la scène et propose à
l’intendant de l’emmener voir Isaac, un photographe de sa connaissance qui loge dans une pension. Irrité qu’on le dérange à cet heure, Isaac refuse au premier abord mais sa logeuse réussit à le
convaincre : le voilà parti en voiture pour le domaine où il va photographier Angelica, une jeune femme qui vient tout juste de mourir.
Une chose est sûre en voyant L‘étrange affaire Angélica c‘est que Manoel de Oliveira sait prendre
son temps. Rien qu’à voir cette introduction qui s’étire pour arriver au cœur même du sujet on se rend compte que le réalisateur n’est pas pressé. Est-ce dû à son âge plus qu’avancé, à la
sérénité que lui procure ses années d’expérience, en tout cas il prend le temps de construire son histoire et de nous embarquer avec ses personnages. C’est d’ailleurs paradoxal puisqu’on ne sait
pas grand-chose de cet Isaac, qui va nous demeurer mystérieux jusqu’à la fin du film. Cette opacité du personnage n’est d’ailleurs pas déplaisante, ça nous laisse imaginer des tas de choses et
laisse ouverte toutes les options.
La sérénité se dégage également de la mise en scène de L‘étrange affaire Angélica. La caméra est tranquille,
elle ne bouge pas, ou si peu. Et pourtant tant de choses nous sont dévoilée devant cet objectif qui capte les infimes mouvements et toutes les émotions. Il faut s’imprégner de l’ambiance, même si
ce n’est pas toujours évident et qu’une lente torpeur nous étreint parfois. Mais soudain, au détour d’un plan, les effets spéciaux d’antan nous emmènent vers un ailleurs et on comprend. On
éprouve de l’empathie pour cet homme qui tombe de façon irraisonné fou amoureux d’une image, d’une femme qu’il n’a jamais connu et qu’il ne connaitra jamais. C’est une image de l’éternité qui
nous est présenté, de manière poétique et quelque peu hermétique il faut l’avouer. Mais ça vaut le coup d’œil.
Ma note : **
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