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No (2013) Pablo Larrain

par Neil 17 Avril 2013, 05:04 En salles

NoFiche technique
Film chilien
Date de sortie : 6 mars 2013
Duré : 1h57
Genre : campagne pour un référendum
Scénario :
Pedro Peirano, d'après l'oeuvre d'Antonio Skarmeta
Image :
Sergio Armstrong
Avec Gael García Bernal (René Saavedra), Alfredo Castro (Lucho Guzmán), Antonia Zegers (Verónica), Marcial Tagle (Alberto Arancibia ), Luis Gnecco (José Tomás Urrutia), Elsa Pobletes (Carmen)...

Synopsis
: Chili, 1988. Lorsque le dictateur chilien Augusto Pinochet, face à la pression internationale, consent à organiser un référendum sur sa présidence, les dirigeants de l’opposition persuadent un jeune et brillant publicitaire, René Saavedra, de concevoir leur campagne. Avec peu de moyens, mais des méthodes innovantes, Saavedra et son équipe construisent un plan audacieux pour libérer le pays de l’oppression, malgré la surveillance constante des hommes de Pinochet. (allocine)

Mon avis
: ainsi partit un dictateur

Le réalisateur de No a grandi avec la dictature chilienne. Pablo Larrain naît trois ans après le coup d'État d'Augusto Pinochet et assiste à l'âge de 12 ans au référendum qui voit sa destitution. Vingt ans plus tard, il réalisera une trilogie dont les personnages sont différents mais qui se situe durant trois moments de la dictature. Le premier, Tony Maneiro, se déroule en 1979 soit en plein coeur de cette période. Puis en 2010 Santiago 73, post mortem décrit la vie quotidienne d'un médecin légiste durant le coup d'État qui renversa Salvador Allende. Enfin ce dernier, adapté du roman écrit par un auteur chilien célèbre (également connu pour son livre Une ardente patience, joliment adapté par Michael Radford dans Le facteur), nous parle de la période où le régime de Pinochet fut renversé.

En 1988, René Saavedra est publicitaire dans une entreprise prospère. Il met en avant dans ses réclames le mode de vie occidental tel que le vendent les États-Unis. Dans une pub pour une boisson au cola, il montre des jeunes insouciants qui font la fête : c'est l'image de la modernité qu'il veut vendre à l'annonceur. Une assistante le dérange en pleine réunion car quelqu'un l'attend, et il ne peut pas patienter. C'est José Tomás Urrutia, un des opposants au général Pinochet, qui organise la communication autour du "non" au référendum organisé sous la pression internationale. C'est un moment crucial pour la vie du pays, qui pourra se débarrasser légalement du dictateur, et José Tomás propose à René de réaliser les spots quotidien pour promouvoir le "non".

La tranche d'histoire qui nous est racontée dans No est tout à fait passionnante. Vu de France, voire d'Europe, ce n'est pas forcément un événement que l'on connaît très bien, et encore moins la façon dont il s'est déroulé, qui s'avère originale. Qu'un fasciste organise, certes contraint par le reste du Monde, une forme de démocratie est déjà peu fréquent. Ensuite qu'un groupe politique assez radical fasse appel à une agence de publicité pour promouvoir son discours n'est pas vraiment banal. Et surtout, que le spot en question utilise tous les codes de langage capitaliste pour vendre une idée politique, en l'occurrence celle de la démocratie, est d'autant plus étonnante qu'en sous-texte le film nous raconte le passage d'une dictature violente à un régime certes démocratique mais qui n'est pas exempt de défauts.

La façon dont No nous raconte ce fait d'Histoire lui convient parfaitement. Format carré, couleurs criardes et lumière saturée nous rappellent l'esthétique de l'époque. C'est assez intelligent, et ça permet de ne pas rendre complètement obsolètes les clips de campagnes véridiques qui nous sont montrés. Seulement le résultat n'est visuellement pas des plus heureux, et gare au mal de tête après la séance. Les spots publicitaires sont de toute façon tellement désuet que même comme ça on a du mal à imaginer qu'ils ont été diffusés, et pourtant. La mise en scène de Pablo Larrain ne casse pas des briques tandis que l'interprétation de Gael Garcia Bernal est sans faille. Le film s'avère donc intéressant, mais manque peut-être un peu de rythme, l'intrigue se déroulant sans surprise pour un spectateur connaissant la fin d'avance.

Ma note : **

Lire l'avis de Dasola sur le film

commentaires

D&D 30/05/2013 00:48


Je crois que ma réception n'est pas très loin de la tienne. Oui, c'est historiquement passionnant (d'autant que j'ignorais cette incroyable campagne publicitaire), le film quant à lui l'est
beaucoup moins en dehors de ça. Je n'achète pas totalement le parti-pris "visuel", je trouve ça plus malin (et bien affreux) qu'intelligent. Le scénar s'autorise aussi pas mal de facilités. En
fait, j'ai pratiquement déjà oublié le film, me reste le côté "dossiers de l'écran", qui m'a intéressé, en effet...


 

Neil 30/05/2013 22:31



J'avoue que j'ai pas mal oublié le film depuis sa vision, il ne m'en retse finalement pas grand chose...



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