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Poetry (2009) Lee Chang-Dong

par Neil 30 Août 2010, 04:46 2010's

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Fiche technique
Film coréen
Date de sortie : 25 août 2010
Genre : quête de sens
Durée : 2h19
Scénario : Lee Chang-Dong
Directeur de la photographie : Kim Hyun Seok
Avec Yoon Jung-Hee (Mija), David Lee (Wook), Kim Hira (Le président), Ahn Naesang (Le père de Kibum)…

Synopsis  : Dans une petite ville de la province du Gyeonggi traversée par le fleuve Han, Mija vit avec son petit-fils, qui est collégien. Elle cherche la beauté dans son environnement habituel auquel elle n’a pas prêté une attention particulière jusque-là. Cependant, survient un événement inattendu qui lui fait réaliser que la vie n’est pas aussi belle qu’elle le pensait. (allocine)

Mon avis : La caresse du vent peut-elle apaiser la brûlure du temps ?

J’avais vu à sa sortie le dernier film de Lee Chang-Dong, Secret Sunshine. J’en garde un vague souvenir, surtout une jolie impression d’ensemble en sortant de la salle. Encouragé par l’obtention du prix du scénario à Cannes et les nombreux éloges des journalistes, notamment du masque et la plume, je me suis laissé tenté pour aller voir son nouveau long-métrage, Poetry. C’est une question très pertinente et malheureusement difficile à résoudre que Lee Chang-Dong pose avec ce film : comment faire, dans l‘époque actuelle, rongée par la crise et les tragédies quotidiennes, pour trouver un semblant de poésie ou de lumière ?

Mija est une grand-mère de soixante-cinq ans qui perd un peu la mémoire. Si ce ne sont que des prémices pour l’instants, les médecins lui confirment qu’Alzheimer l’attend. Elle vit avec son petit-fils Wook dans une petite ville de Corée, la mère vivant à Pusan pour son travail. Elle voit un jour une annonce pour des cours de poésie et décide de s’y inscrire, assouvissant par là même un rêve d’enfant. Un jour, le père d’un ami de son fils vient la voir pour lui faire part d’un problème : une jeune fille de leur collège s’est en effet suicidé. Il s’avère qu’elle était depuis quelques semaines abusée par six garçons, dont le petit-fils de Mija. Les parents veulent étouffer l’affaire.

L’ambition de Lee Chang-Dong est donc conséquente dans Poetry : plusieurs thèmes sont traités parallèlement, chacun d’égale importance. Le réalisateur met sur le même plan la violence de la société coréenne actuelle et la nécessité pour l’héroïne principale de trouver un refuge, dans la poésie en l’occurrence. C’est tout le mérite de Lee Chang-Dong que de ne pas influencer le spectateur : il déroule son histoire élégamment, entremêlant les faits et les personnages sans prendre parti pour les uns ou pour les autres. Ce qu’on pourrait trouver comme futile (les cours de poésie de la grand-mère, qui décale un rendez-vous capital pour y assister, son élégance quotidienne) ou odieux (les mesquines tractations des parents d’élèves) ne sont pour le réalisateur qu’une partie d’un tout, que nous analyserons chacun en notre âme et conscience.

Les moindres détails de Poetry sont vibrants de naturels et de réalisme. Le petit-fils adolescent est méprisant envers sa grand-mère qui l’élève seule, la mère débordée ayant complètement abdiqué son autorité parentale. Le groupe de parents d’élèves qui sont totalement convaincus de leur bon droit, confortés qu’ils sont par l’attitude des policiers, du directeur d’école ou du journaliste. La mère de la fillette, accablée par les évènements et par la dureté économique de son environnement, se voit obligée de ployer face aux forces de l’argent. Tous les éléments de Poetry sont impeccablement mis en place par Lee Chang-Dong qui arrive même à insuffler dans cette terrible histoire des moments de poésie et de fraîcheur. Le film devient gracieux, encouragé par l’interprétation toute en douceur de Yoon Jung-Hee et par une mise en scène très délicate. Un prix du scénario bien mérité, une bonne surprise de la rentrée cinéma.

Ma note : 8/10

commentaires

dasola 04/09/2010 13:27


Bonjour, c'est un film peut-être un peu long (les séances publics de poésie par exemple) mais quel beau portrait de femme. On a la gorge serrée à la fin. Bonne après-midi.


Neil 06/09/2010 18:20



J'ai pas ressenti tant de longueurs que ça moi personnellement. Mais oui, ça, un très beau portrait de femme je suis d'accord avec toi.
A bientôt



Wilyrah 04/09/2010 12:14


J'avais trouvé Secret Sunshine terriblement long, lent, mal filmé. Je n'ai pas du tout aimé alors je pense que je passerai également mon chemin pour Poetry.


Neil 06/09/2010 18:19



Je n'avais pas non plus accroché avec Secret Sunshine, je m'y étais aussi ennuyé. Ce qui n'a pas été le cas pour Poetry, qui est pourant long mais vraiment très
beau.



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