
Film français
Date de sortie : 15 octobre 1980
Genre : relations filiales
Durée : 1h50
Scénario : Daniel Biasini, Claude Sautet et Jean-Paul Török
Musique : Philippe Sarde
Image : Jen Boffeti
Avec Patrick Dewaere (Bruno Calgagni), Brigitte Fossey (Catherine), Yves Robert (René Calgagni), Claire Maurier (Madeleine), Jacques Dufilho (Adrien Dussart), Etienne Chicot (Serge)…
Synopsis : Bruno Calgagni rentre en France après avoir passé cinq ans dans un pénitencier américain pour usage et trafic de drogue. Il souhaite effacer son passé, mais ne cesse de penser à sa mère morte durant sa détention. Il décide de revoir son père ouvrier de chantier mais celui-ci n'est pas très accueillant. (allocine)
Mon avis : Longue est la voie de la rédemption
Au début des années 1980, et pour nombre de critiques de l’époque, Claude Sautet n’est pas un réalisateur qui a la carte, juste un réalisateur de gauche qui ne se reconnaît pas dans la Nouvelle Vague et qui, comble de l’infamie, s’obstine à filmer la bourgeoisie dans les années 1970. Justement avec Un mauvais fils, qui bénéficie d'une ressortie en version restaurée dans le cadre d'un hommage à Patrick Dewaere par Les Acacias, le cinéaste décide de changer de cap. Il quitte ici son duo fétiche Michel Piccoli - Romy Schneider (à qui il vient de donner un rôle magnifique dans Une histoire simple) et s’intéresse à l’histoire d’un jeune homme d’origine populaire incarné avec grâce par Dewaere.

Déjà le talent de Claude Sautet éclate dans une scène très brève et terriblement émouvante, tout en restant extrêmement pudique. Voilà la patte du réalisateur, qui parvient à construire des ambiances à partir de trois fois rien. En cela, et dans la captation de l’ère du temps de ce début d’années 1980, Un mauvais fils ne déroge pas à une règle qu’on a déjà pu observer dans Vincent, François, Paul et les autres ou dans Mado. Ce petit microcosme qui s’agite autour de Bruno va être finement analysé, chacun des personnages bénéficiant d’un traitement aussi délicat.

Et le cœur de l’intrigue d'Un mauvais fils c’est cette relation père/fils qui structure tout le film. Une relation construite autour de deux figures féminines, la mère dont le père reproche à son propre fils la mort deux ans auparavant, et la maîtresse, la toujours très juste Claire Maurier, qui n’arrive pas à trouver sa place dans ce tableau de famille. Yves Robert est plus que convaincant face à un Patrick Dewaere qui crève pourtant l’écran, et les non-dits comme les coups de gueule de ces deux fortes têtes serviront de catalyseurs pour une analyse très fine des rapports humains et familiaux. Une fois encore, Claude Sautet touche au cœur et impose un style inimitable qui fait de lui l’un des plus grands réalisateurs français.
Ma note : ****

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