
Film français
Date de sortie : 8 août 2007
Genre : liaisons fatales
Durée : 1h55
Scénario : Claude Chabrol et Cécile Maistre
Musique : Matthieu Chabrol
Photographie : Eduardo Serra
Avec Ludivine Sagnier (Gabrielle Deneige), François Berléand (Charles Saint-Denis), Benoît Magimel (Paul Gaudens), Mathilda May (Capucine Jamet), Caroline Silhol (Geneviève Gaudens), Marie Bunel (Marie Deneige)...
Synopsis : Une jeune femme qui veut réussir dans la vie et dont le rayonnement séduit ceux qui l'entourent, s'éprend d'un écrivain prestigieux et pervers, et épouse un jeune milliardaire déséquilibré. (allociné)
Mon avis : The mad, the bad and the queen
Chez les Chabrol le cinéma c’est une affaire de famille, et il ne déroge pas à la règle avec La fille coupée en deux. Le sémillant réalisateur entre autres perles de La cérémonie et Merci pour le chocolat a su s’entourer avec le temps de toute sa petite famille : sa femme Aurore en tant que script, sa belle fille Cécile Maistre ici pour la première fois au scénario, ses fils Thomas et Matthieu respectivement acteur et compositeur.
Pour La fille coupée en deux, il s’inspire d’un fait divers du début du siècle dernier mettant en scène un célèbre architecte new-yorkais et son ex-maîtresse. Ici le cadre se passe à Lyon, où une jeune présentatrice météo est convoitée par deux séducteurs patentés. L’un est un célèbre écrivain à la mode, bon vivant aux tempes grisonnantes et aux mœurs patibulaires mais presque, l’autre est un fils de famille arrogant et légèrement timbré qui n’a jamais rien fait de sa vie que de vivre aux crochets de ses parents.
Ce dernier Claude Chabrol commence donc sous les meilleurs auspices qui soient : une ville de province avec sa faune bigarrée, une opposition de classes très marquée (aristos, nouveaux riches, famille modeste)… du bon vieux Chabrol comme on les aime quoi. Sauf que dans La fille coupée en deux, pas de meurtre mystérieux ni de dangereux assassin, juste un panier de crabes un peu vicieux sur les bords. Enfin pas tous : au milieu de tout ça se détache une figure angélique (on ne cesse d’ailleurs de lui répéter), Gabrielle. Interprétée par une Ludivine Sagnier plutôt bien dans le rôle mais avec laquelle j’ai personnellement du mal, Gabrielle étant trop naïve pour être véritablement crédible.
Sans doute est-ce d’ailleurs une volonté du réalisateur, tant tous les personnages sont stéréotypés. Avec des acteurs de la trempe de François Berléand ou Caroline Silhol (vraiment bluffante en matrone de famille guindé et rigide) ça passe mais ça peut aussi casser avec d'autres (voir l’interprétation surfaite de Benoît Magimel). Sinon La fille coupée en deux permet à Mathilda May de faire un retour fracassant dans un rôle sévèrement burné, ce qui est toujours bon à prendre. Si l’intrigue est un peu bancale et manque de relief, la mécanique chabrolienne est toujours aussi efficace et mordante (avec des dialogues qui font souvent mouche) et la peinture de ce petit milieu fermé sur lui-même ainsi que de notre société hyper-médiatique s’avère assez juste.
Ma note : **

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