
Film britannique
Date de sortie : 18 janvier 1978
Titre original : Cross of iron
Genre : guerre et honneurs
Durée : 2h15
Scénario : Julius J. Epstein, James Hamilton et Walter Kelley, d’après l’œuvre de Willi Heinrich
Image : John Coquillon
Compositeur : Ernest Gold
Avec James Coburn (Sergent Steiner), Maximilian Schell (Capitaine Stransky), James Mason (Colonel Brandt), David Warner (Capitaine Kiesel), Klaus Löwitsch (Kruger), Vadim Glowna (Kern)…
Synopsis : Sur le front russe, un aristocrate allemand est prêt a tout pour obtenir la croix de fer. Tout sauf y laisser la vie. Cette conception du métier de soldat se heurte a celle d'un vieux baroudeur place sous ses ordres. (allocine)
Mon avis : La guerre comme si vous y étiez
C’est dans la difficulté qu’après Tueur d’élite, film de commande aux genres composites, Sam Peckinpah s’attèle à une de ses œuvres les plus denses, à savoir Croix de fer. La frilosité des producteurs ainsi que la fameuse exigence artistique (qui confine parfois à l’obsession) du réalisateur de Chiens de paille vont faire que le tournage en Yougoslavie de Croix de fer sera loin d’une sinécure. D’un état de santé instable, Peckinpah insiste sur le réalisme des scènes, n’hésitant pas à utiliser de véritables chars soviétiques ou d’authentiques armes portatives. Il reprend ici un de ses acteurs fétiches, James Coburn ,dans cette adaptation d’une nouvelle de Willi Hinrich.

On le sait, l’univers de Sam Peckinpah est loin d’être celui de Candy au pays des Bisounours. N’empêche qu’avec Croix de fer le réalisateur nous livre une de ses œuvres les plus violentes et les plus dures. Les scènes de combat son d’un réalisme incroyable et renverraient la scène d’ouverture de Il faut sauver le soldat Ryan à une gentille mise en bouche. La mise en scène nerveuse, souvent caméra à l’épaule, met le spectateur en plein cœur de l’action et apporte un style quasi-documentaire dont Stanley Kubrick s’inspirera sans doute pour son Full Metal Jacket. Le spectateur n’est d’ailleurs pas épargné par des scènes de torture, tant physiques que morales.

Car Sam Peckinpah ne se contente pas de dire que la guerre c’est pas bien et que la violence non plus d’ailleurs. Au contraire même il utilise celle-ci comme une arme qui, telle une grenade trop vite dégoupillé, explose la figure de son utilisateur. Le discours est glaçant mais percutant, en particulier les images et le son qui accompagnent les génériques de début et de fin de film sont impressionnant (restez bien jusqu’à la fin pour voir la citation finale, énorme). Croix de fer est donc un film riche, dense (trop dense ?) qui marque les esprits comme nombre des films de son réalisateur.
Ma note : ***

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