
Film américain
Date de sortie : 20 septembre 1973
Titre original : Pat Garrett & Billy the Kid
Genre : western crépusculaire
Durée : 2h02
Scénario : Rudy Wurlitzer
Directeur de la photographie : John Coquillon
Musique : Bob Dylan
Avec James Coburn (Patrick J. Garrett), Kris Kritofferson (Billy the Kid), Richard Jaeckel (Kip McKinney), Bob Dylan (Alias), Katy Jurado (Mrs Baker), Jason Robards (Lew Wallace), Harry Dean Stanton (Luke)…
Synopsis : En 1881, au Nouveau-Mexique, dans le repaire de Fort Sumner, Pat Garrett retrouve Billy, son ancien compagnon de route, et lui annonce qu'il est devenu shérif. Pat lui recommande alors de quitter les environs, sinon il sera dans l'obligation de l'éliminer. Billy ignore son conseil. Commence alors une poursuite impitoyable entre le policier et le jeune hors-la-loi. (allocine)
Mon avis : Duel sans merci pour héros désabusés
Dans la famille des réalisateurs maudits on demande Sam Peckinpah. Et au royaume de ces films qui sentent le souffre on pioche son Pat Garrett et Billy the kid. Réalisé en 1973, les producteurs l’ont remanié une première fois, puis une deuxième version fait son apparition avant qu’un film le plus proche du director’s cut ne puisse voir le jour bien des années plus tard. C’est que Peckinpah n’est pas consensuel, ma bonne dame. Et que, même en 1973, même après La horde sauvage ou Chiens de paille, il faut toujours batailler ferme pour imposer sa voix d’auteur à Hollywood. Le résultat est avouons le un peu mitigé : même s’il reste un western de grande qualité, on peut légitimement reprocher au film un rythme parfois trop lent.

Tous les films de Sam Peckinpah sont hantés par ces anti-héros vieillissants qui appartiennent à un monde en déclin et sont en décalage perpétuel. Pat Garrett et Billy le kid ne déroge pas à la règle : pourtant tous deux à l’opposé, tant au niveau de l’âge, que du statut ou du caractère, Pat Garrett et Billy le kid sont deux héros fatigués, finis. Dès le début qui nous montre en flash forward la chute d’un personnage qui va nous être présenté juste après, on connaît l’issue inéluctable que va prendre cet affrontement entre les deux. Sam Peckinpah n’est pas du genre à faire dans la demi-mesure et on peut déjà le voir.

Et la poésie n’est pas absente de Pat Garrett et Billy le Kid, les ralentis chers à Sam Peckinpah contribuent à donner au film un lyrisme très particulier, tout comme la musique composée par un Bob Dylan en verve (qui tient d’ailleurs l’un des rôles). James Coburn et le tout jeune alors Kris Kritofferson ajoutent au charme de Pat Garrett et Billy le Kid pour en faire un western atypique et envoûtant. Reste le rythme languissant d’une intrigue somme toute anodine et qui empêche le film de l’inscrire comme l’un des tout meilleurs du genre. On ferait toutefois la fine bouche pour moins que ça.
Ma note : ***

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