
Film canadien
Date de sortie : 27 novembre 1991
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h42min
Scénario : Atom Egoyan
Musique : Mychael Danna
Directeur de la photographie : Paul Sarossy
Avec Elias Koteas (Noah Render), Arsinée Khanjian (Hera), Gabrielle Rose (Mimi), Jennifer Dale (Arianne), David Hemblen (Bert)...
Synopsis : Un expert en assurance, sa femme, censeur de films, un ex-joueur de football américain, une apprentie majorette, un podologue, une actrice, un vendeur en luminaires, un collectionneur de papillons et le personnel d'un motel vont, par une suite de hasards confronter leurs vies. (Allociné)
Mon avis : Une plongée dans l’inconscient
Troublant : tel est un qualificatif qu’on peut entendre assez souvent à propos des films d’Atom Egoyan. The adjuster n’échappe pas à la règle. De Family viewing au Voyage de Felicia en passant par Exotica ou De beaux lendemains, le réalisateur canadien n’a de cesse d’explorer l’inconscient collectif. Ses films relèvent même parfois d’une expérience particulière pour le spectateur.
De par sa construction, The adjuster a déjà de quoi perturber : la profusion des personnages et des histoires qui s’entremêlent est assez déconcertante. On est pourtant comme envoûté par les images et petit à petit comme une alchimie s’opère : tout se met en place comme un puzzle. On se rend alors compte comme le scénario d’Atom Egoyan est bien ficelé : les moindres détails du film ont leur importance, et pourtant on n’est pas perdu si on passe à côté de l’un ou de l’autre de ces petits tout qui structurent le film.
Le film mérite donc sûrement une deuxième lecture pour le voir d’une autre façon : comme un kaléidoscope, The adjuster nous montre de multiples facettes selon l’angle de vision. De même, les personnages qui semblent stéréotypés au début du film s’avèrent bien plus complexes au fur et à mesure que nous les découvrons. En apprenant à les connaître, on assiste pratiquement à une mise à nue de leur âme, de leurs fantasmes ou de leurs frustrations. Combien de fois pendant le film on éprouve de la gêne d’entrer ainsi dans leur intimité ? Le spectateur, voyeur, est alors confronté à ses propres peurs, ses pulsions, ses limites.
Servi par un casting hors pair (Elias Koteas dans un de ces meilleurs rôles, Arsinée Khanjian, l'épouse d’Atom Egoyan, belle et troublante à souhait), le film bénéficie d’une réalisation sobre mais percutante et distille ça et là quelques petites perles d’humour à froid qui détendent l’atmosphère à point nommé. Au final, The adjuster s'avère un formidable melting-pot de personnages complexes en proie à leurs fantasmes et à leurs pulsions.
Ma note : ****

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