Fiche technique
Film américain
Durée : 1h42
Genre : film culte
Scénario : Julius J. Epstein, Philip G. Epstein et Howard Koch, d’après l’œuvre de Murray Burnett et Joan Alison
Image : Arthur Edeson
Musique : Max Steiner, M.K. Jerome et Jack Scholl
Producteur exécutif : Jack L. Warner
Avec Humphrey Bogart (Richard "Rick" Blaine), Ingrid Bergman (Ilsa Lund), Paul Henreid (Victor Laszlo), Claude Rains (Le capitaine Louis Renault), Peter Lorre (Ugarte)…
Synopsis : A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. Mais l'établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer les papiers nécessaires pour quitter le pays. Lorsque Rick voit débarquer un soir le dissident politique Victor Laszlo et son épouse Ilsa, quelle n'est pas sa surprise de retrouver dans ces circonstances le grand amour de sa vie... (allocine)
Mon avis : play it once Sam
Il y a des films comme ça qu’on ne se lasse pas de voir et de revoir ; pour moi Casablanca en fait partie. La base du scénario est la pièce de Murray Burnett et sa femme Joan Alison, Everybody comes to Rick’s mais ce matériau de base fut moult fois remanié, à tel point que les acteurs eux même ne savaient pas pendant le tournage comment se finirait l’histoire. C’est intéressant d’ailleurs de voir à quel point le tournage fut mouvementé (on cite souvent notamment les nombreuses disputes entre Humphrey Bogart et Michael Curtiz) pour un résultat aujourd’hui incontesté.
Ce qui fait le charme de Casablanca, c’est un savant mélange de beaucoup d’éléments. Le film est inclassable : délicieux mélange de romance, de film de guerre, d’espionnage, de propagande…et rien de tout ça à la fois. L’action se déroule durant la seconde guerre mondiale, mais à Casablanca, une "plaque tournante" qui n’est pas au cœur de l’action de combats. La relation entre Rick et Ilsa est essentiel à la dramaturgie mais on apprend dès le début du film que c’est du passé, seule une courte séquence nous remémorera leur idylle parisienne. Les héros ne sont pas des espions à proprement parler, ce sont des personnes ordinaires qui agissent comme ils peuvent dans une période extra-ordinaire.
Ce sont les personnages eux même de Casablanca qui vont déterminer leur engagement (ou pas) : ainsi si on croise des figures classiques de la lutte (les nazi, le résistant), d’autres personnages ne s’impliquent (apparemment en tout cas) que selon leurs motivations personnelles (Rick ou le capitaine Renault). C’est là le contre pied sensationnel qui rend le film encore plus intéressant : au lieu d’enfoncer des portes ouvertes, il montre habilement comment une situation peut être chamboulée par les actions héroïques ou non de simples citoyens. Alors oui bien sûr le film n’échappe pas à certains poncifs mais je reste à chaque fois empli d’une vibrante et sincère émotion quand j’entends la Marseillaise chantée par tous les clients du bar au nez et à la barbe du groupe de dignitaires nazis.
Les dialogues aussi ont une place importante dans Casablanca, les répliques fusent et certaines sont devenues cultes (d’ailleurs c’est amusant de noter que "Play it again Sam" n’y est jamais prononcé… comme quoi). La musique est toute aussi mythique (j’ai encore la chair de poule en entendant les premières notes d’As time goes by. Enfin, comment ne pas parler de l’alchimie qui s’opère entre Humphrey Bogart et Ingrid Bergman ? Bogart, s’il n’interprète pour une fois pas un détective, n’en garde pas moins une allure bougonne et son fameux air désabusé. Qui pourrait penser que derrière son personnage se cache un cœur qui bat, un petit être sensible ? Quant à Ingrid Bergman, je suis je l’avoue insensible à sa beauté mais il faut bien admettre qu’elle déborde de charme dans un de ces meilleurs rôles (ah, ce regard de braise sous son beau chapeau !). Quand on pense que c’était Michèle Morgan qui au départ devait tenir son rôle… ça tient à quoi finalement la postérité ?
Ma note : ****

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