
Fiche Technique
Date de sortie : 30 novembre 1994
Film canadien
Genre : Relations troubles
Durée : 1h43
Scénario : Atom Egoyan
Musique : Léonard Cohen et Mychael Danna
Directeur de la photographie : Paul Sarossy
Avec Mia Kirshner (Christina), Bruce Greenwood (Francis Browne), Arsinee Khanjian (Zoe), Don McKellar (Thomas Pinto), Sarah Polley (Tracey), Elias Koteas (Eric)…
Synopsis : « Exotica », qui est le nom d'un club, raconte les étranges relations d'une strip-teaseuse et de l'un de ses clients attitrés. (allocine)
Mon avis : Les apparences sont parfois trompeuses
Dans le filmographie d’Atom Egoyan, Exotica fait figure de référence. L’espiègle canadien livre ici une de ses plus abouties réalisation, point d’orgue d’une période où il tissait des histoires autour de plusieurs personnages reliés les un aux autres par des correspondances qui nous sont révélées petit à petit selon un schéma à la fois compliqué et limpide. Les films qu’il réalisera par la suite seront plus épurés dans la forme tout en gardant bien sûr cette petite odeur de souffre qui fait la « patte » de ce cinéaste.

Un homme vient tous les deux jours dans un club de strip-tease où il demande à chaque fois à la même jeune fille de faire près de lui son fameux numéro de collégienne friponne. Plus tard, son travail de contrôleur fiscal l’amène à rencontrer un jeune qui tient une animalerie.
Tous les personnages d’Exotica ont des secrets enfouis au plus profonds (parfois même à leur insu) et vont se retrouver mêlés les uns aux autres dans une intrigue mystérieuse. Atom Egoyan nous révèle couche après couche, comme dans un strip-tease, les failles et les motivations de ses protagonistes, nous faisant croire au pire pour nous amener peut-être plus facilement à la vérité. Ce que cachent les images et les faux-semblants, voilà ce qui intéresse le réalisateur. Tous les fils seront déliés petit à petit, mettant à nu des personnages en proie à des traumatismes graves qu’ils refoulent plus ou moins.

Tous les éléments d’Exotica alimentent ce sentiment de trouble et d’attirance à la fois : les images léchées qui nous envoûtent et nous déroutent tour à tour, la musique lancinante qui attire l’oreille (en particulier quand Léonard Cohen chante son Everybody knows sur la danse sensuelle de la belle Mia Kirshner). Les thèmes abordées sont graves, comme souvent chez Atom Egoyan (la pédophilie, l’inceste, la sexualité refoulée, le meurtre…) mais la finesse du traitement n’alourdit aucunement ce propos, bien au contraire.
Les actrices et les acteurs d’Exotica jouent une partition très convaincante : ces éternels seconds rôles qu’on a plaisir à revoir habitent leur personnage sincèrement et naturellement. On retiendra bien sûr les interprétations de Mia Kirshner (qui a fait quelques apparitions dans des séries comme 24 heures chrono et The L word) en jeune innocente et le très bon mais souvent sous-exploité Bruce Greenwood (qui réapparaîtra d’ailleurs dans deux autres films d’Atom Egoyan par la suite). Un casting pratiquement exclusivement canadien pour un film très particulier, lascif et contemplatif en apparence et dont on ne finit pas de découvrir les nombreuses subtilités.
Note : ****

Haut de page