
Film américain
Date de sortie : 13 septembre 2006
Genre : portrait édifiant
Durée : 1h32
Scénario : Jason Reitman, d’après l’œuvre de Christopher Buckley
Directeur de la photographie : Jim Whitaker
Musique : Rolfe Kent
Avec Aaron Eckhart (Nick Taylor), Maria Bello (Polly Bailey), Robert Duvall (Captain), Katie Holmes (Heather Holloway), William H. Macy (Le sénateur Ortolan Finistirre), Rob Lowe (Jeff Magall)…
Synopsis : Lobbyiste séduisant et ambitieux, Nick Naylor met son charme, son talent et son sourire carnassier au service de la société Big Tobacco pour contrer les ravages de la politique de prévention contre le tabagisme. De conférence de presse en talk-show télévisé, il défend l'indéfendable, mais a du mal à convaincre son ex-femme qu'il peut être un père modèle pour son fils… (allocine)
Mon avis : Le déclin de l’empire américain
Nick Naylor est l’incarnation du type qu’on a toujours exécré. Le mec qui vous ferait prendre des vessies pour des lanternes, qui parle pour ne rien dire et dont le talent oratoire lui gagne systématiquement les faveurs des foules (et des femmes cela va sans dire). C’est lui le personnage principal de Thank you for smoking ; en l’occurrence il vante les louanges de l’industrie du tabac comme il le ferait pour une entreprise de produits ménagers : pour rembourser son emprunt, comme il dit.
Le fils d’Ivan Reitman a judicieusement choisi Aaron Eckhart pour incarner cet homme cynique et sans état d’âme aucun sorti du roman Salles fumeurs de Christopher Buckley. Au final Thank you for smoking se révèle diablement efficace en brassant un bon nombre de sujets qui fâchent au pays de l’oncle Sam, des armes à feu à Hollywood en passant par l’alcool.
Hollywood, un sujet qui fâche ? Vu par la lorgnette d’un film indépendant, forcément. C’est d’ailleurs une des séquences les plus réussies de Thank you for smoking que cette plongée dans l’univers préfabriqué et franchement ridicule de la capitale auto désignée du cinéma. Le film force-t-il le trait ? C’est la question qu’on se pose durant l’heure et demi de projection. Que ce soit à ce sujet que vis-à-vis de tous les autres sujets évoqués, les répliques sont tellement percutantes et les situations si bien décrites qu’on est bien obligé non sans avoir froid dans le dos d’admettre qu’il y a là une part de vérité non négligeable. Les réunions des trois «Marchands de Mort » (tabac, alcool, armes à feu) sont hilarantes mais si on y réfléchit c’est effrayant de réalisme.
Porté par des acteurs habités par leurs personnages (Aaron Eckhart en tête), Thank you for smoking pointe du doigt une société occidentale (et américaine en particulier) ravagée à la fois par le profit et par le politiquement correct. Car si les lobby qui gangrènent le système à coup de financement des partis politiques en prennent pour leur grade, les politiciens démagogues et pudibonds ne sont pas oubliés (voir la super performance de William H. Macy). S’il multiplie parfois des pistes sans véritablement les exploiter à fond, le premier film de Jason Reitman sonne juste et bien.
Ma note : ***

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