
Film américain
Date de sortie : 24 janvier 2007
Genre : apparences trompeuses
Durée : 2h20
Scénario : Todd Field d’après l’œuvre de Tom Perrotta
Directeur de la photographie : Antonio Calvache
Musique : Thomas Newman
Avec Kate Winslet (Sarah Pierce), Patrick Wilson (Brad Adamson), Jennifer Connelly (Kathy Adamson), Gregg Edelman (Richard Pierce), Sadie Goldstein (Lucy Pierce), Ty Simpkins (Aaron Adamson)…
Synopsis : Little Children entrecroise les vies, les destinées contrariées, les secrets, les rêves, les fantasmes et les angoisses de personnages dans la quiétude trompeuse d'une banlieue bourgeoise de la côte Est. (allocine)
Mon avis : What lies beneath
Acteur de son état, Todd Field reçoit en 2001 pour son premier film, In the bedroom, une ribambelle de récompenses saluant un nouvel auteur. Pour son deuxième film, Little Children, il s’attaque à l’auteur américain Tom Perrotta (avec son aide) en adaptant ses Enfants de chœur, qui avait eu un succès assez important aux États-Unis. L’auteur y dépeint avec une verve satirique le quotidien de riches banlieusards américains plutôt oisifs et déçus par la vie.
À l’image de Sarah, mère de famille « indigne » puisqu’elle n’a jamais eu l’instinct maternel et s’ennuie profondément à passer ses journées au square avec d’autres mères de familles passablement chiantes. Quand arrive dans sa vie Brad, elle ne le remarque même pas ; pourtant le jeune père est l’objet de convoitise de toutes ces mégères plus ou moins apprivoisées qui le mangent du regard tous les jours. Forcément Sarah et Brad vont faire connaissance. Et forcément…
Non, pas forcément justement. Parce que si Little children traite d’un marronnier du cinéma (et de la littérature), on arrive à ne pas vraiment s’ennuyer sur les 2h20 de film. Todd Field réussit le difficile alliage entre un sujet d’une banalité à faire pencher la Tour de Pise (et il ne s’en cache pas d’ailleurs, évoquant frontalement Madame Bovary) et une description acerbe d’un quotidien morose. C’est le traitement qui trouble le spectateur au final : une voix-off beaucoup trop présente créée immédiatement une distance avec les personnages et leur sort.
Et les personnages de Little children sont eux-même iconoclastes : Sarah (Kate Winslet toute en finesse) est trop « ex baba » pour être vraiment une Desperate housewife, Brad (la véritable révélation du film, Patrick Wilson) aurait tout pour réussir dans n’importe quel autre film américain moyen : « bogossitude » (moi aussi je peux inventer des mots), humour, classe... tandis que Ronnie (impressionnant Jackie Earle Haley)... ben cherchez pas, un personnage comme ça, avec une telle ambiguïté, on en trouve rarement.
Tiens, ambigu, voilà le terme qui convient le mieux à ce Little children qui s’avère (malgré une fin passablement décevante) plus profond qu’il ne laisse présager. Ou comment à partir d’un canevas bien trop éculé faire réfléchir sur les vies soi-disant proprettes que mènent tout un chacun, et sur les choix personnels qu’on fait (ou pas), si ce sont les bons, et puis d’ailleurs, est-ce que ça existe un « bon » choix… ? (vous avez 2h20)
Ma note : ***

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