
Film allemand
Date de sortie : 31 janvier 2007
Titre original : Das Leben der Anderen
Genre : espionnage domestique
Durée : 2h17
Scénario : Florian Henckel von Donnersmarck
Directeur de la photographie : Hagen Bogdanski
Musique : Gabriel Yared et Stéphane Moucha
Avec Thomas Thieme (Bruno Hempf), Martina Gedeck (Christa-Maria Sieland), Ulrich Mühe (Hauptmann Gerd Wiesler), Sebastian Koch (Georg Dreyman), Ulrich Tukur (Anton Grubitz), Hans-Uwe Bauer (Paul Hauser)…
Synopsis : Au début des années 1980, en Allemagne de l'Est, l'auteur à succès Georg Dreyman et sa compagne, l'actrice Christa-Maria Sieland, sont considérés comme faisant partie de l'élite des intellectuels de l'Etat communiste, même si, secrètement, ils n'adhèrent pas aux idées du parti. Le Ministère de la Culture commence à s'intéresser à Christa et dépêche un agent secret, nommé Wiesler, ayant pour mission de l'observer. (allocine)
Mon avis : La vie par procuration
Si j’osais je qualifierais La vie des autres du pendant tragique de Good bye Lenin, si tant est qu’on puisse qualifier l’un de tragique et l’autre de comique. Et puis non finalement les deux films n’ont rien à voir, mis à par leur contexte. Les allemands auront ainsi mis une quinzaine d’année à digérer leur histoire récente ; pourtant Florian Henckel von Donnersmarck n’avait que dix ans quand débute l’action de son film. Le mur, il le traverse dans la voiture de ses parents pour voir des amis à l’Est, et il en a gardé des souvenirs impressionnés.
On est donc en 1984 ; Hauptmann Gerd Wiesler, capitaine de la Stasi, donne des cours à des braves apprentis mouchards quand son collègue lui propose d’aller voir une pièce du dramaturge Georg Dreyman joué par la femme de celui-ci, Christa-Maria Sieland. Le soupçonnant d’être « trop lisse pour être honnête », ils décident de le mettre sous écoute. Dès lors Wiesler va prendre son rôle au sérieux. Très au sérieux.
C’est là qu’on se rend compte combien un événement qu’on a pourtant tous vécu (désolé pour les plus jeunes qui liront cet article), à savoir la chute du mur de Berlin en 1989, a pu avoir une importance si colossale. Non pas qu’on ait sous-estimé la valeur symbolique de la chose, mais une des grande vertu de La vie des autres est de donner chair à un acte qui pourrait sembler abstrait vu de loin. Avec une maturité rare pour un jeune réalisateur, Florian Henckel von Donnersmarck (nul doute qu’on en entendra reparler, habituez vous donc à prononcer son nom), se livre ici à un exercice de style périlleux qui consiste à mêler le documentaire et la fiction. Recréant un contexte austère et une atmosphère tendue, il nous narre avant tout une histoire.
L’histoire d’un homme à la vie terne, voire insipide, ici brillamment incarné par Ulrich Mühe, et qui se laisse peu à peu enfermer dans son propre piège. On va avec quelque réticence au début adopter son point de vue de et peu à peu voir le personnage évoluer au fur et à mesure que l’intrigue se déroule. Une intrigue remarquablement bien ficelée, le scénario de Henckel von Donnersmarck étant léché à souhait et évitant tout espèce de parti-pris. On reconnaîtra dans un casting très solide le remarquable Ulrich Tukur (vu notamment dans Amen ou Le couperet) et on saluera au passage à La vie des autres un rythme très bien contrôlé, les quelques deux heures et quart ne se laissant pas compter. À voir absolument : passionnant, vraiment très prenant.
Ma note : ***

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