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Carnage (2011) Roman Polanski

par Neil 15 Décembre 2011, 06:11 En salles

Carnage.jpg
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 7 décembre 2011
Genre : crises de nerfs
Durée : 1h20
Scénario : Yasmina Reza
Image : Pawel Edelman
Musique : Alexandre Desplat
Avec Jodie Foster (Penelope Longstreet), Christoph Waltz (Alan Cowan), Kate Winslet (Nancy Cowan), John C. Reilly (Michael Longstreet), Elvis Polanski (Zachary), Eliot Berger (Ethan)

Synopsis : Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la "victime" demandent à s'expliquer avec les parents du "coupable". Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l'affrontement. Où s'arrêtera le carnage ? (allocine)

Mon avis : Exercice de style pour bourgeois déprimés

Ce n’est pas vraiment une surprise que de nous retrouver dans Carnage avec une unité de lieu. Depuis le début de sa filmographie, Roman Polanski nous a habitué à des huis clos. On se retrouve enfermé tantôt comme ici dans un appartement (Répulsion), tantôt sur un bateau (Le couteau dans l’eau), tantôt sur une île (The ghost writer), et j’en passe. Quand on se rappelle des péripéties judiciaires qui lui sont récemment arrivées c’est d’ailleurs assez ironique, mais cela ne nous regarde pas. Ici, en adaptant Le dieu du carnage, de la faible Yasmina Reza, il se rajoute une contrainte, celle de raconter une histoire en temps réel. Et le pari est réussi de ce point de vu : pas d’ellipse, peu de personnages on suit les disputes de ces deux couples quasiment en temps réel (il n’a pas poussé le vice à ne faire qu’un plan séquence). Un exercice audacieux, parfois intéressant mais qui reste un exercice de style.

Un groupe d’enfants jouent dans un jardin. Soudain une dispute éclate, et l’un d’entres eux, Zachary, frappe avec un bâton l’un de ses camarades, Ethan. Quelques jours plus tard, les parents des deux garçons se retrouve dans l’appartement de celui qui a reçu le coup. Il veulent régler cette histoire entre eux, et Pénélope, la mère d’Ethan, écrit un procès verbal précisant la façon dont les évènements se sont déroulés. Les parents de Zacharie tiquent légèrement lorsque Pénélope note que Zacharie était armé d’un bâton : ils préfèrent écrire qu’il tenait un bâton. Les deux couples s’entendent sur une dernière version et se disent au-revoir dans l’entrée. Pénélope tient tout de même à s’assurer que Zacharie a bien intégrer le sérieux de la situation : Ethan a subi de graves damages aux dents, et va sans doute devoir être opéré.

La mécanique comique fonctionne assez bien dans Carnage. Les joutes verbales s’enchaînent, les bons mots fusent et la situation dégénère de façon jouissive. On rit de bon cœur à voir ces deux couples de bourgeois caricaturaux perdre leur sang froid peu à peu. Les masques tombent et les vrai visages apparaissent, pas si lisses et politiquement corrects qu’ils n’y paraissent. Peut-être est-ce une façon pour Polanski de critiquer vertement les Etats-Unis : le film a beau être français, son contexte est typiquement américain. D’abord il se passe à New-York, mais cela dit il pourrait également se dérouler chez des bobos parisiens. Ce sont surtout ces caractères procéduriers et ces trop pleins de bonnes intentions, qui cachent un mépris certain et une suffisance feinte, que l’on trouve plus typiquement outre-Atlantique. Mais je m’égare, je schématise, tout comme le film d’ailleurs qui manque tout de même de finesse.

Certes, Carnage dure moins d‘une heure et demi, et n‘a donc pas vraiment le temps de développer ses personnages. On voit bien, l’alcool aidant, apparaitre certaines facettes des personnalités mais ils semblent passer d’un état à l’autre un peu trop rapidement. Notons tout de même à Polanski et à Yasmina Reza le talent de mettre en avant quelques travers de notre société et du confort petit-bourgeois qu’elle engendre parfois. Mais ce qu’on peut reprocher dans le film c’est qu’il est finalement très prévisible. Pour peu qu’on connaisse vaguement son histoire, qu’on ait vu son affiche (très bien faite, mais trop explicite) ou sa bande annonce, on n’est pas surpris durant la projection. L’exercice de style parait alors habile, mais un peu vain. On cherche un peu où veut en venir Polanski, et ce n’est pas vraiment dans sa mise en scène polie qu’on trouvera la réponse.

Ma note : **

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commentaires

jujulcactus 21/12/2011 14:39


Je suis assez d'accord avec toi, j'ai presque trouvé ça poli ... Je m'attendais un un truc plus drôle, plus barré ...

Neil 21/12/2011 23:43



C'est vrai, ça manque un peu de corrosion au final



Jérémy 18/12/2011 22:08


Les acteurs sont bons, l'adaptation bien ficelée... mais la mise en scène est trop sobre à mon goût. Je préfère de loin le Polanski de 'Tess' ou de 'Ghost Writer'. Ca reste quand même discret et
appréciable je trouve.

Neil 21/12/2011 11:00



C'est ça : le film tient surtout grâce aux acteurs pour moi. Un petit Polanski, mais un bon film.



Marcozeblog 17/12/2011 21:56


Où veut-il en venir ? Juste montrer des bourgeois new-yorkais propres sur eux se lâcher un peu. C'est déjà pas mal, non ? La psychologie des personnages est bien faire, je trouve

Neil 18/12/2011 10:04



Les personnages sont très bien campés mais je trouve que ça pourrait aller un peu plus loin : ça fait un peu épate-bourgeois quelquefois...



dasola 16/12/2011 08:12


Bonjour Neil, je trouve que Polansiki s'en sort très bien ainsi que les acteurs (tous excellents). Ce qui pêche, c'est le texte et les ressorts dramatiques entre le vomi et la cuite, on fait pas
dans la dentelle. Bonne journée.

Neil 18/12/2011 10:02



Bonjour Dasola, effectivement c'est peut-être dans la pièce de Yasmina Reza que ça pêche... était-ce vraiment utile de l'adapter pour le cinéma ? Bonne journée.



Phil Siné 15/12/2011 19:33


"mise en scène polie" ??!! commt tu y vas tout de même... ;)

Neil 18/12/2011 10:01



Ben oui, elle est sage cette mise en scène...



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