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Grigris (2013) Mahamat-Saleh Haroun

par Neil 4 Juillet 2013, 05:55 Avant-Première

Grigris.jpgFiche technique
Film tchadien
Date de sortie : 10 juillet 2013
Durée : 1h41
Genre : fuite obligatoire
Scénario : Mahamat-Saleh Haroun
Image : Antoine Héberlé
Musique : Wasis Diop
Avec Souleymane Démé (Grigris), Anaïs Monory (Mimi), Cyril Gueï (Moussa), Hadjé Fatimé N'goua (La mère), Marius Yelolo (Ayoub), Rémadji Adèle Ngaradoumbaye (Fifi)..

Résumé
: Alors que sa jambe paralysée devrait l'exclure de tout, Grigris, 25 ans, se rêve en danseur. Un défi. Mais son rêve se brise lorsque son oncle tombe gravement malade. Pour le sauver, il décide de travailler pour des trafiquants d'essence...(allocine)

Mon avis
: quand le manque d'épaisseur des personnages nuit terriblement qu récit

Présenté au Festival de Cannes, Grigris en est parti bredouille, et avec assez peu échos flatteurs à son encontre. Pourtant son réalisateur, le tchadien Mahamat-Saleh Haroun n'en était pas à sa première apparition sur la Croisette. Sélectionné en 2002 avec Abouna, il obtient en 2010 le Prix du jury pour Un homme qui crie. Puis, membre du jury en 2011, il décernera avec son président Robert de Niro la Palme d'or au magnifique  The tree of life. Il prend ici pour son casting un danseur tchadien, Souleymane Démé, à qui il confie le premier rôle en voyant sa performance sur une piste de danse. Comme à son habitude et fidèle qu'il est à sa formation initiale, il est très attaché dans son film à donner une vision naturaliste, voire documentariste, de son pays, en montrant ses aspects aussi bien urbains que ruraux.

Tous les soirs, Grigris, malgré la patte folle qui le fait boiter, danse sur les pistes des discothèques de N'djamena. Il est apprécié par l'ensemble des clients mais le propriétaire de la boîte essaye de l'arnaquer quand un de ses amis arrive juste à temps pour régler la situation. Le lendemain matin il a du mal à se réveiller lorsque sa mère lui demande de faire sa prière. Puis il accompagne son beau-père pour travailler dans l'épicerie familiale et ce jour là, Mimi, une très jolie fille, vient leur demander de faire des photos de mode. Grigris s'en occupe et une complicité naît entre les jeunes gens. Plus tard son beau-père se retrouve alité à l'hôpital et quand ils rentre de la visite, sa mère lui annonce qu'elle n'a pas les moyens de payer les frais du traitement.

La structure de Grigris est complètement filandreuse. Les personnages, pourtant peu nombreux, vont et viennent dans le cadre, ils errent comme des âmes en peine sans profondeur. Les quelques scènes clés du films sont réglées en deux minutes trente tandis qu'un nombre insensé de plans durent à n'en plus finir pour ne finalement rien apporter d'essentiel. Le récit a pourtant cette vertu de demeurer simple, voire même basique : le personnage principal poursuit un but, et le fil est déroulé sans accroc, mais sans non plus de grande surprise. Même l'histoire d'amour est cousue de fil blanc et les quelques rebondissements qui la jalonnent nous sont présentés avec des gros sabots, à un tel point qu'on a du mal à éprouver une quelconque émotion devant cette romance.

Ce manque d'empathie que le spectateur éprouve devant Grigris est en grande partie, il faut le dire, imputable à son acteur principal. Le personnage que Souleymane Démé incarne est mutique, soit. Il ne parle pas, mettant en avant le fait que ses actions sont plus éloquentes que ses paroles, soit. Le processus est déjà assez lourd, mais en plus l'acteur ne fait que transporter sa démarche dégingandée tout au long du film. Aucune émotion ne transparaît, et le spectateur se voit incapable de s'identifier, ni même d'éprouver de l'empathie. Seules restent les deux ou trois scènes de danse où l'on approche le potentiel de Grigris. Mais la mise en scène reste plate, et ne parvient pas à mettre en avant le récit ni le potentiel brut de ce sacré personnage, qui semble ici, comme les autres, abandonné par le réalisateur.

Ma note : °

commentaires

D&D 29/07/2013 01:48


Ah oui, je savais pas pour Cannes quand j'ai vu le film, donc ça n'a pas eu d'impact sur moi. Peut-être que je te rejoins dans le sens où je trouve que les médias en font trop pour soutenir le
film. Je comprends qu'ils aient envie de le soutenir, mais... 


Le casting m'a beaucoup intéressé même si le jeu n'est pas toujours "bon" ou "pro". Je trouve que les deux principaux protagonistes sont un bon choix, qu'ils délivrent aussi des choses
singulières ou inhabituelles, et pas seulement leur inexpérience, et qu'in fine ça vaut le coup. 

Neil 30/07/2013 10:42



Je comprend également l'idée de promouvoir le cinéma africain, mais j'avais un peu l'impression qu'il était en compétition à Cannes "parce qu'il faut un film du continent
africain"...
Sur le casting, c'est vrai qu'il fait "sincère" ; peut-être que ce genre de prestation ne me convainc pas vraiment...



D&D 27/07/2013 02:52


Je l'ai vu il y a deux jours et je ne suis pas d'accord avec toi. Je trouve que le scénario n'est pas bon, l'histoire elle-même est faible, y a plein de trucs agaçants, fatigants. En revanche,
moi j'ai ressenti pas mal de choses via ce qui était filmé - et pas n'importe comment à mes yeux - des acteurs et/ou des lieux. Il y a quelques moments que j'ai vraiment trouvé beaux, comme par
exemple la scène de trafif nocturne, j'étais assez impressionné (alors que ça ne cherche pas à être "scotchant").  

Neil 28/07/2013 10:58



Les lieux sont assez bien filmés, mais est-ce dû à la mise en scène où aux paysages en eux-mêmes ? Sinon pour le reste j'ai trouvé ça franchement faible, y compris au niveau du casting. Ce n'est
pas pour moi au niveau de l'ensemble des films que l'on voit dans des festivals par exemple (je dis ça parce qu'il était présenté à Cannes, donc peut-être que ça fausse mon jugement mais
quand même....)



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