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L’épouvantail (1973) Jerry Schatzberg

par Neil 8 Juin 2011, 05:48 1970's

Epouvantail
Fiche technique
Film américain
Titre original : Scarecrow
Date de sortie : 26 mai 1973
Genre : amitié sur la route
Durée : 1h47
Scénario : Garry Michael White
Image : Vilmos Zsigmond
Musique : Fred Myrow
Avec Gene Hackman (Max Millan), Al Pacino (Francis Lionel Delbuchi), Dorothy Tristan (Coley), Ann Wedgeworth (Frenchy), Richard Lynch (Riley), Eileen Brennan (Darlene)…

Synopsis : Deux auto-stoppeurs, Lion et Max, se lient d'amitié sur la route qui les mène vers l'Est des Etats-Unis. Tous deux ont en tête un projet qu'ils comptent réaliser au terme de ce voyage. Après cinq ans dans la marine, Lion veut retrouver sa femme et son enfant tandis que Max, après six ans en prison, veut monter une station-service. (primeminister)

Mon avis : On the road again (again…)

Grand prix au Festival de Cannes en 1973, L‘épouvantail est le film pour lequel le nom de Jerry Schatzberg est si connu aujourd‘hui. Si les cinéphiles ont tellement d’admiration envers le cinéaste c’est pour son regard désenchanté sur une Amérique jusqu’alors mythifiée. C’est que cet ancien photographe de mode arrive à une époque où le cinéma américain est en plein renouveau. Ses deux premiers films imposent déjà une patte bien à lui : en particulier, Panique à Needle Park dénote par son ton désabusé sur l’univers new-yorkais des petits trafiquants de drogue. Il y impose un petit nouveau, un certain Al Pacino qu’il reprend dans L’épouvantail, film qui va définitivement faire de lui un acteur sur qui compter.

Sur une route en plein milieu des Etats-Unis, Max fait de l‘auto-stop pour rejoindre Pittsburgh. De l’autre côté de la route se trouve Francis qui va à Detroit retrouver sa femme et son fils. Ces deux fauchés font connaissance et partagent un brin de chemin ensemble. Lors d’une halte, Max propose à Francis de devenir son associé : il veut monter un petit business de station-service. Depuis six ans, Max était en taule pour braquage à mains armées tandis que Francis a été durant cinq ans dans la Marine. Francis accepte, à condition de faire un petit saut par Detroit, tandis que Max tient à passer voir sa sœur Coley qui habite Denver.

Il ne faut pas plus de cinq minutes à L‘épouvantail pour qu‘il vous fasse croire à ses personnages. Quelques pitreries, une caméra au plus près des visages dans ces étendues désertiques et nous voilà embarqués dans ce road movie atypique. On est tout de suite attaché à ces deux âmes sœurs esseulés, en marge de la société, en on a envie de croire en leur rêve américain. C’est là tout le talent de Jerry Schatzberg que de nous décortiquer ce bon vieil American Dream pour finalement le dézinguer. Et tout ça avec un amour des personnages, une empathie qui fait d’eux, et malgré eux, les emblèmes d’une humanité déchue. Deux losers bien sympathiques que la société à laissé de côté et qui ne demandent qu’à se racheter, ou tout du moins à vivre leur petit rêve à eux, tranquilles.

S‘il on croit tout de suite aux deux paumé magnifiques de cet Epouvantail, c‘est avant tout grâce aux acteurs. On assiste durant tout le film à une performance exceptionnelle d’Al Pacino, et l’on ne peut pas s’étonner, après avoir vu le film, de la carrière qu’a pu avoir l’acteur depuis. Il transcende totalement son personnage de fou du roi, fragile comme un oiseau sur la branche, drôle comme pas deux et si émouvant parfois : la façon dont il passe en un instant du rire aux larmes est absolument bluffante. A ses côté se tient une force de la nature (la différence de taille entre les deux acteurs est savoureuse) nommée Gene Hackman, énorme en mec bourru et blasé, mais finalement prêt à tout pour secourir son pote. Car c’est bien ça que nous raconte L’épouvantail, une amitié solide bâtie sur pas grand-chose et pourtant indéfectible. Magnifiée par la lumière et la photo du grand Vilmos Zsigmond, le film nous emporte loin dans le rire et l’émotion, avec pourtant si peu de moyens et une simplicité désarmante.

Ma note : ****

commentaires

D&D 01/08/2011 13:03



Clairement, un film que j'ai vu trop jeune et qui je pense m'a "échappé", je n'en ai presque aucun souvenir. A revoir donc.



Neil 01/08/2011 15:05



C'est dommage car je pense qu'en le revoyant tu vas bien l'apprécier.



Chris 13/06/2011 14:48



C'est amusant que tu commentes ce film, je viens d'en faire autant. Je l'ai trouvé moi aussi remarquable grâce surtout aux deux acteurs, excellents. Plutôt que le Grand prix, n'est ce pas la
Palme d'or qu'il a décroché ?



Neil 15/06/2011 11:52



Si si, enfin la Palme d'Or s'appelait Grand Prix international à l'époque (cf commentaire ci-dessus).
Oui c'est marrant qu'on ait choisi le même film pour le concours : Bon choix :)



Phil Siné 09/06/2011 14:02



mais ce n'est pas une palme d'or alors ? quelle arnaque ! :)


je crois que je l'avais vu et que j'étais passé complètement à côté... ça mériterait donc d'y revenir !



Neil 09/06/2011 20:39



Au temps pour moi : entre les années 60 et le milieu des années 70, la Palme d'or s'appellait Grand Prix International du Festival. Ici en l'occurence il était ex-aequo avec
La méprise (et non Le mépris lol)



dasola 08/06/2011 08:54



Bonjour Neil, j'ai eu la chance de voir ce film au cinéma lors d'une ressortie estivale: un choc, un chef d'oeuvre. Pacino et Hackman sont prodigieux. Ce fut quand même une Palme d'or. De cette
qualité, on en redemande. Bonne journée.



Neil 09/06/2011 20:37



Les deux acteurs sont en effet excellents. Je suis sûr qu'en salle ça doit faire son effet. Bonne soirée, Dasola



Eeguab 08/06/2011 07:43



Devenu un grand classique du road.Avec Macadam coboy par exemple,et deux acteurs fabuleux.Je l'ai en DVD et n'ai pas pris la peine de le revoir depuis longtemps.A te
lire j'ai envie de combler cette lacune.



Neil 09/06/2011 20:36



Ah pour moi c'était un vrai choc, à revoir certainement.



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