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Una noche (2013) Lucy Mulloy

par Neil 19 Novembre 2013, 06:50 Avant-Première

Noche.jpgFiche technique
Film cubain
Date de sortie : 27 novembre 2013
Durée : 1h25
Genre : instinct de survie
Scénario : Lucy Mulloy
Image : Trevor Stuart Forrest et Schlomo Gooder
Avec Dariel Arrechaga (Raúl), Anailín de la Rúa de la Torre (Lila), Javier Nuñez Florian (Elio), María Adelaida Méndez Bonet  (Adelaida), Jonny Burt (Peter), Greisy del Valle (Greisy)...

Résumé : Cuba, avec ses rues ensoleillées, colorées et animées, a tout d'une île aux décors paradisiaques mais Raúl étouffe dans cette société en proie au désespoir et rêve de commencer une nouvelle vie à Miami. Lorsqu'il est accusé d'avoir agressé un touriste, il n'a plus le choix et doit quitter La Havane. Il supplie Elio, son meilleur ami, de tout abandonner pour l'aider à atteindre les rivages du monde interdit, situé à 140 kilomètres de l'autre côté de l'océan.

Mon avis : le rêve américain

En 2012, Una noche décrochait au festival du cinéma américain de Deauville un des rares prix qui n'échut pas aux Bêtes du sud sauvage. Sa réalisatrice est une américaine, Lucy Mulloy, qui a notamment étudié à la Tisch school of the arts et a été conseillée par Spike Lee. C'est La Havane et son atmosphère qui lui a donné l'envie d'y tourner ce film, inspiré par un garçon qui lui avait raconté le début de l'histoire. Elle s'est alors attachée à tourner sur place, ce qui était une gageure en raison de l'embargo imposé par les États-Unis. Pour l'interprétation, elle tente quelques castings avant de s'apercevoir qu'elle cherche plus de naturel pour ses acteurs. Elle se décide alors à les recruter dans la rue ; pour la petite histoire, deux d'entre-eux ont demandé l'asile politique américain lors de la présentation du film au festival de Tribeca.

Sur la plage de La Havane, Lila reçoit les quolibets des jeunes filles qui la trouvent sale et trop poilue. Elle vit avec ses parents et son frère jumeaux Elio, avec qui elle a toujours été très proche. Celui-ci a cependant changé ces derniers temps, depuis qu'il travaille dans les cuisines d'un hôtel, où il s'est lié d'amitié avec Raúl. Secrètement, ils rêvent tous les deux de quitter Cuba pour rejoindre Miami, où Raúl voudrait rejoindre son père. Minutieusement, ils préparent tous les détails de leur expédition, en particulier le radeau de fortune qui les y amènera. Vivant seul avec sa mère, Raúl lui amène également régulièrement des médicaments pour soigner sa séropositivité. Pour gagner sa vie, elle se prostitue, en particulier auprès des touristes, et en rentrant un soir Raúl découvre justement un homme étranger dans le lit de sa mère.

L'intrigue d'Una noche mériterait d'être resserrée. On sent que la réalisatrice avait envie pour son premier film de mettre beaucoup de choses dans son scénario mais au final tous ces détails finissent par être un peu indigestes. On a quand même droit en moins d'une heure et demie à de l'exil, de la pauvreté, du Sida, des requins, de l'homosexualité, des ratonnades, et j'en passe. Alors certes c'est le quotidien des habitants La Havane, mais on aimerait bien souffler un tout petit peu entre deux scènes. Cela dit, Lucy Mulloy réussit assez bien à retranscrire l'atmosphère cubaine, on pourrait même dire que c'est l'un des aspects les plus intéressants de son film. On n'a pas souvent l'occasion d'être aussi bien immergé dans les rues bouillonnantes de La Havane, et on y apprend pas mal de choses.

Ceci dit, le projet de Una noche est tout à fait louable. Vouloir nous raconter cette aventure incroyable pour nous et pourtant basée sur des faits réels mérite tout notre intérêt. C'est tout de même un projet que préparent tous les jours des cubains, qui rêvent de trouver aux États-Unis la liberté qu'ils n'ont pas à Cuba. Et ce sentiment d'urgence est bien retranscrit par la mise en scène maîtrisée de Lucy Mulloy. Malheureusement, le film souffre de ces petits détails qui gâchent un peu le plaisir du spectateur, comme cette voix off insupportable qui à chaque instant souligne ce qui se passe à l'écran, comme si nous n'étions pas assez intelligents pour le comprendre. La photographie est tout de même assez belle, elle met en valeur les beaux paysages, ce qui fait un contrepoint judicieux avec cette intrigue beaucoup plus sombre,

Ma note : *

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