Fiche techniqueFilm américain
Titre original : To catch a thief
Genre : romance azuréenne
Durée : 1h50
Scénario : John Michael Hayes, d’après l’œuvre de David Dodge
Image : Robert Burks
Musique : Lyn Murray
Avec Cary Grant (John Robbie), Grace Kelly (Frances Stevens), Jessie Royce Landis (Jessie Stevens), John Williams (H.H. Hughson), Charles Vanel (Bertani), Brigitte Auber (Danielle Froussard)…
Synopsis : John Robbie, cambrioleur assagi, goûte une retraite dorée sur la côte d'Azur. Le paysage s'assombrit lorsqu'un voleur, utilisant ses méthodes, le désigne tout naturellement comme le suspect n° 1. (allocine)
Mon avis : Sir Alfred joue au chat et à la souris
Juste après le tournage de Fenêtre sur cour, Alfred Hitchcock profite de l’adaptation d’un roman de David Dodge pour tourner un petit divertissement sur la côte d’azur. Il confie cette adaptation à son scénariste John Michael Hayes et s’adjoint les services de deux de ses acteurs fétiches, Cary Grant et Grace Kelly pour former un couple qui deviendra une fois de plus mythique. Le résultat en décevra quelques uns, en déroutera d’autres. En effet La main au collet n’a pas l’intensité d’un thriller comme Psychose ni d’un film d’espionnage comme Les enchaînés. Reste qu’un film d’Hitchcock, fût-il mineur, reste d’une qualité remarquable.
Un vol est commis à Cannes ; très vite, les soupçon vont se porter sur John Robbie, surnommé « Le Chat » pour son habileté à avoir trompé la police durant des années en commettant des cambriolages qui l’ont rendu fameux. Seulement voilà, Robbie vit désormais luxueusement sur la Riviera et, bien que tous les indices laissés sur le lieu du crime le désignent, il dément farouchement être coupable du vol. Bientôt d’autres cambriolages se succèdent et Robbie va devoir mener l’enquête seul, demandant à un agent d’assurance de lui fournir la liste des plus riches personnalités locales afin de devancer les plans du faussaire. C’est là qu’il rencontre Mrs Stevens et sa charmante fille.
Effectivement, le scénario de La main au collet ne casse pas des briques : l’intrigue évolue peu et ne recèle finalement que très peu de suspense. Mais est-ce ici le principal pour Hitchcock, on est en droit de se poser la question. Son but premier était de tourner dans des lieux qu’il aimait (et la Riviera est ici particulièrement à son avantage) une « comédie romantique » qui se rapproche plus de la Screwball comédy des années 40. Les dialogues sont aux petits oignons (on peut goûter un ping-pong verbal extrêmement savoureux entre les deux personnages principaux lors de la scène du feu d’artifice), la mise en scène est d’un raffinement sans pareil et le charme des deux acteurs opère immédiatement.
Il faut dire qu’on a dans La main au collet deux formidables interprètes, Cary Grant en gentleman charmeur, jouant comme jamais de son humour délicieusement décalé, et Grace Kelly en blonde platine plus hitchcockienne que jamais, distillant le chaud et le froid à merveille. L’alchimie de ces deux personnages qui jouent le jeu de la séduction se répercute sur tout le film qui prend plus l’allure d’une romance que d’un thriller, il faut bien le dire. Le dénouement, quelque peu prévisible, passe un peu à la trappe et s’il n’y avait cette belle séquence finale lors du bal costumé on s’en passerait presque.
La photo de Robert Burks, collaborateur attitré d’Alfred Hitchcock depuis Le crime était presque parfait, est joliment mise en valeur par un Vistavision et sera d’ailleurs récompensée aux Oscars. Quant à la réalisation, outre son traditionnel clin d’œil (ici dans un autobus) Alfred Hitchcock nous réserve quelques petites surprises comme les images subliminales d’un chat pour présenter le personnage de Cary Grant ou deux poursuites (dont l’une est malheureusement prémonitoire) en bateau et en voiture. La main au collet est donc un film élégant, parfaitement maîtrisé de bout en bout et qui serait sans doute considéré comme un film majeur s’il n’était pas réalisé par le maître en personne.
Ma note : ****

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