Fiche Technique
Film américain
Titre original : Sunset Boulevard
Genre : Mise en abîme cinématographique
Durée : 1h50
Scénario : Billy Wilder et Charles Brackett
Musique : Franz Waxman
Avec Gloria Swanson (Norma Desmond), William Holden (Joe Gillis), Erich Von Stroheim (Max Von Mayerling), Nancy Olson (Betty Schaefer)…
Synopsis : Norma Desmond, une ancienne star du cinéma muet qui se voit toujours reine d’Hollywood, vit seule auprès de son domestique, Max Von Mayerling. Elle demande à Joe Gillis, un scénariste, de lui écrire un rôle qui lui fera retrouver la gloire.
Mon avis : this is not Hollywood like I understood
Le scénario de Boulevard du crépuscule est alléchant pour tout cinéphile digne de ce nom : un scénariste fauché (Joe Gillis) en panne d’écriture se retrouve par hasard dans la demeure en décrépitude d’une star déchue (Norma Desmond) qui entretient son mythe. L’occasion rêvée pour le spectateur de visiter les coulisses du cinéma tout en évoquant les heures glorieuses du septième art. En ajoutant à cela un cadavre mystérieusement retrouvé dans une piscine, on se dit que Billy Wilder et Charles Brackett (dont se sera la dernière collaboration) ont trouvé la une idée d’exception. Il suffit de rajouter que Norma Desmond était une star du cinéma muet qui n’a pas su évoluer avec l’apparition du cinéma parlant et la boucle est bouclée.
On assiste alors dans ce Boulevard du crépuscule à un formidable jeu de miroirs qui se reflètent les uns les autres, une subtile interaction entre le réel et la fiction. Un exemple vaut mieux que de longs discours : lors d’une projection privée, Norma Desmond montre à Joe Gillis l’un des films qu’elle a tourné pendant son heure glorieuse. Or, il se trouve que ce film n’est autre que Queen Kelly, réalisé par Erich Von Stroheim et avec … Gloria Swanson. Von Stroheim se retrouve donc projectionniste de son propre film, film qui est resté inachevé suite notamment aux nombreuses divergences entre le réalisateur et son actrice principale et fut fatal aux carrières respectives des deux protagonistes ! De même la partie de cartes entre amis rassemble trois grandes figures de l’époque du cinéma muet : Buster Keaton, H.B. Warner et Anna Q. Nilsson. Mais au delà de ces multiples clin d’œils, le film est avant tout un formidable portrait de femme et une analyse impitoyable de l’univers hollywoodien.
Pour jouer cette actrice oubliée de Boulevard du crépuscule, Billy Wilder a donc fait appel à Gloria Swanson, une icône du cinéma muet qui effectue ici un come-back impressionnant. Elle est formidable d’intensité et de fragilité à la fois, imposant son charisme indéniable et écrasant presque les pourtant formidablement ambigus Erich Von Stroheim et William Holden. Ce trio infernal nous fait petit à petit comprendre à la fois l’attraction que peut représenter Hollywood pour des apprentis acteurs ou scénaristes et le violent rejet qu’on peut ressentir quand le succès n’est plus au rendez-vous. La scène où Norma retourne aux studios Paramount est à ce titre exceptionnelle, quand elle retrouve l’espace de quelques instants et par la grâce d’un projecteur toute sa gloire d’antan et rejette juste après d’un geste méprisant le micro qui symbolise sa déchéance. Film phare de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, Sunset Boulevard fera lui-même l’objet de nombreux hommages par la suite, l’exemple le plus frappant et le plus récent étant Mulholland Drive de David Lynch, qui le cite comme l’un de ses films préférés.
Ma note : ****

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