
Fiche technique
Nationalité : américain
Date de sortie : 30 octobre 1968
Genre : grossesse tourmentée
Durée : 2h14
Scénario : Roman Polanski d'après l'oeuvre d'Ira Levin
Musique : Krzysztof Komeda
Avec : Mia Farrow (Rosemary Woodhouse), John Cassavetes (Guy Woodhouse), Ruth Gordon (Minnie Castevet), Sidney Blackmer (Roman Castevet)...
Synopsis : malgré les conseils de leur vieil ami Hutch, Guy Woodhouse et sa jeune femme, enceinte, s'installent dans un immeuble new-yorkais vétuste, considéré par leur ami comme une demeure maléfique. Aussitôt, leurs voisins, Minnie et Roman Castevet, vieux couple d'Europe centrale, imposent leur amitié et leurs services. Si Guy accepte facilement ce voisinage, Rosemary s'en inquiète... (allocine)
Mon avis : quand Roman nous fait frissonner et nous manipule
Le cinéma fantastique est un genre qu'affectionne particulièrement Roman Polanski. D'un point de vue ironique (Le bal des vampires), ésotérique (La neuvième porte) ou schizophrénique (Répulsion), il a réalisé plusieurs variations sur ce thème tout en alternant avec des films plus traditionnels. Le début de Rosemary's baby et d'ailleurs d'une banalité somme toute confondante : un jeune couple s'installe dans un appartement, ils veulent avoir un bébé et commencent à se lier avec un vieux couple de voisins. Rien de bien surnaturel.
Mais tout ne se passe cependant pas comme prévu dans Rosemary's baby, et de subtiles et infimes évènements parsèment la vie de notre couple modèle. Ainsi un secrétaire mal placé ou des histoires de sorciers ne préoccupent pas les jeunes tourtereaux mais s'avèreront à posteriori essentiels. C'est tout l'attrait du film que de faire monter la pression petit à petit, sans que rien n'en laisse présager.
Et pourtant petit à petit l'héroïne de Rosemary's baby va avoir des doutes. Doutes qui s'accentueront au point qu'on ne saura finalement plus qui est le plus sain d'esprit dans l'histoire. Où se cache la vérité ? Qui manipule qui ? Ne serait-ce pas finalement le réalisateur qui nous mène en bateau pendant deux heures ? En réussissant à nous tenir en haleine en faisant tout doucement monter l'adrénaline, Roman Polanski nous livre une œuvre formellement impeccable et d'une habileté impressionnante.
Que dire de Mia Farrow qui offre dans Rosemary's baby, pour un de ses premiers grands rôles, une prestation irréprochable d'épouse dépassée par les évènements qui essaye de garder les pieds sur terre alors que les éléments paranormaux ne cessent de la perturber. Son jeu à la limite de la folie laisse la porte ouverte à toutes les suppositions, elles-mêmes renforcées par l'attitude étrange du couple Ruth Gordon/Sidney Blackmer, trop gentils pour être honnêtes. Seul tout petit bémol : le film, qui possède des qualités artistiques indiscutables, se passerait malheureusement aujourd'hui encore d'une réputation sulfureuse (Cf. le meurtre de Sharon Tate) qui le dessert bien malgré lui.
Ma note : ****

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