
Fiche technique
Film suédois
Titre original : Trollflojten
Genre : Opéra filmé
Durée : 2h15
Scénario : Ingmar Bergman d’après l’œuvre de Wolfgang Amadeus Mozart (livret d’Emanuel Schikaneder)
Musique : Wolfgang Amadeus Mozart
Directeur de la photographie : Sven Nykvist
Avec Josef Köstlinger (Tamino), Irma Urrila (Pamina), Häkan Hagegard (Papageno), Elisabeth Erikson (Papagena), Ulrik Cold (Sarastro), Birgit Nordin (La Reine de la Nuit)…
Synopsis : Sarastro a enlevé Pamina, la fille de la Reine de la Nuit. Tamino, prince téméraire épris de la princesse, part a sa recherche. Pour le protéger, la Reine de la Nuit lui remet deux talismans: un carillon magique et une flûte enchantée... (allocine)
Mon avis : Quand Ingmar rencontre Wolfgang
Passionné depuis l’enfance par l’opéra de Wolfgang Amadeus Mozart, Ingmar Bergman avait déjà tenté de le mettre en scène pour le théâtre. Empêché par des problèmes de santé, il décidera plus tard d’en proposer une version à la télévision suédoise à l’occasion des fêtes de Noël. Cela n’était pas d’ailleurs là sa première collaboration à la télévision, on peut citer à cet égard Scènes de la vie conjugale et même plus récemment Saraband. Autant d’œuvres qui sont devenues (ou vont devenir) avec le temps des classiques… du cinéma.
Cette version de La flûte enchantée est à la fois d’une fidélité rigoureuse dans la forme et est en même temps joliment enrichie par le rendu cinématographique. Le cadre est posé dès le début : au cours d’un prologue assez original, la caméra suit au rythme de la musique les visages de spectateurs assistant à la représentation dans un petit théâtre. Puis un panneau annonce le premier acte, le rideau se lève et le spectacle peut commencer.

D’abord un peu dérouté (il faut bien l'avouer) d’entendre les chants en suédois, on s’y habitue finalement très vite ; c’est d’ailleurs la plus grande distance que prend Ingmar Bergman par rapport au maître autrichien. Il se permet aussi dans cette Flûte enchantée quelques adaptations nécessaire selon lui à la compréhension globale de l’histoire et à son adaptation audiovisuelle.
Et la caméra est dans La flûte enchantée un instrument très actif, servant la narration et intensifiant l’intensité dramatique au gré de gros plans et d’ellipses parfaitement insérés. Le choix des acteurs est un parti pris de l’auteur privilégiant des chanteurs à la diction nette et pas forcément des têtes d’affiche. Le résultat est très rafraîchissant, ramenant l’opéra à ses sources originelles (Wolfgang Amadeus Mozart le destinait à une troupe populaire pour un théâtre des faubourgs de Vienne).

Paradoxalement, quand on compare à la tentative récente (et un peu ratée, pour être honnête) de Kenneth Branagh de transposer l'opéra à l'univers cinématographique, cette quasi-captation scénique est bien plus vivante. Finalement, La flûte enchantée est une œuvre enlevée et dynamique, qui peut se voir de multiples degrés, à l’image de la foule chamarrée qui projetait ses émotions devant notre écran au début du film : du simple regard enfantin qui trouvera matière à s’extasier devant le récit féerique à la vision éclairée du connaisseur qui y trouvera des subtilités et des nuances sophistiquées.
Ma note : ****

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