
Film japonais
Titre original : Narayama-Bushi ko
Genre : Traditions ancestrales
Durée : 2h01
Scénario : Fukazawa Shichiro et Shohei Imamura d'après l’œuvre de Fukazawa Shichiro
Musique : Shinichiro Ikebe
Directeur de la photographie : Masao Tochizawa
Avec Sumiko Sakamoto (Orin), Ken Ogata (Tatsuhei), Takejo Aki (Tamayan), Tonpei Hidari (Le frère de Tatsuhei)…
Synopsis : Orin, une vieille femme des montagnes du Shinshu, atteint l’âge fatidique de soixante-dix ans. Comme le veut la coutume, elle doit se rendre sur le sommet de Narayama pour être emportée par la mort. La sagesse de la vieille femme aura d'ici là l'occasion de se manifester. (Allociné)
Mon avis : Cruauté bien ordonnée commence par soi-même
C’est une légende locale qui fournit à Fukazawa Shichiro la trame de deux nouvelles dont s’est adapté très librement Keisuke Kinoshita pour réaliser en 1958 un film dont Shohei Imamura a fait ce remake en 1983. Puis La ballade de Narayama obtint la Palme d’or au Festival de Cannes, première des deux récompenses suprêmes qu’obtiendra le réalisateur (la deuxième sera pour L’anguille en 1997). Avec tout son talent, Shohei Imamura s’applique à dépeindre ici un village isolé au cœur des montagnes dans le Japon du XIXe siècle, sa violence et son sens de l’honneur.
La ballade de Narayama s’ouvre et se ferme par une tempête de neige sur le petit village ; entre temps, une année se sera écoulée, le temps pour Orin de régler les derniers détails avant sa mort prochaine. Le temps de trouver une deuxième épouse à son fils aîné et de lui donner de précieux conseils, mais aussi de se préparer à ce voyage sans retour et de convaincre ses proches que c’est la seule issue.

C’est ce cycle qui conduit Orin, après tous ses ancêtres, à s’offrir au seuil de sa vie au dieu Narayama afin de ne plus être une charge pour la communauté et ainsi perpétrer l’honorable tradition à travers ce geste qui peut sembler cruel. Cette coutume nous semble en effet d’une violence inouïe (tout comme nombre des actions de cette communauté rurale), mais c’est justement sur ces différents systèmes de valeurs entre hier et aujourd’hui que l’on est amené à se questionner dans La ballade de Narayama.

Ma note : ****

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