
Film américain
Date de sortie : 14 avril 1999
Genre : jeux dangereux
Durée : 1h36
Scénario : David Cronenberg
Photographie : Peter Suschitzky
Musique : Howard Shore
Avec Jennifer Jason Leigh (Allegra Geller), Jude Law (Ted Pikul), Ian Holm (Kiri Vinokur), Willem Dafoe (Gas), Don McKellar (Yevgeny Nourish), Christopher Eccleston (Levi)...
Synopsis : Dans un avenir proche, une créatrice de génie, Allegra Geller, a inventé une nouvelle génération de jeu qui se connecte directement au système nerveux : eXistenZ. Lors de la séance de présentation du jeu, un fanatique cherche à la tuer. Un jeune stagiaire en marketing, Ted Pikul, sauve la vie d'Allegra. Une poursuite effrénée s'engage autant dans la réalité que dans l'univers trouble et mystérieux du jeu. (allociné)
Mon avis : Quand le réel dépasse le virtuel (ou bien c’est l’inverse)
En 1982, David Cronenberg nous montrait avec brio dans Videodrome comment les nouveaux supports audiovisuels nous aliénaient petit à petit et concluait son film avec la célèbre réplique : « Longue vie à la Nouvelle Chair ! ». Dix-sept ans ont passé et force est de constater que cette Nouvelle Chair s’est développée au delà de ce qu’on pouvait imaginer quand Cronenberg réalise cette mise à jour dont on peut qualifier eXistenZ. Le support a évolué, la télévision s'est fait remplacer par les jeux vidéos et autres divertissements numériques mais la toute-puissance du virtuel est toujours aussi prégnante.
Alors que trois ans auparavant David Cronenberg choquait la critique bien-pensante avec son Crash, il revient avec eXistenZ à un univers fantastique dont il est familier. Dans une église se retrouvent quelques fanatiques de jeux virtuels excités à l’idée d’essayer le nouveau bijou de la créatrice Allegra Geller, un jeu basé sur une expérience qui colle au plus proche de la réalité. Soudain, un manique tente d’assassiner Allegra ; elle va devoir fuir avec son apprenti garde du corps Ted pour échapper à ce qui semble être une conspiration.
En regardant eXistenZ (non, allez, en regardant toute la filmographie de David Cronenberg) on est en droit de se demander si le réalisateur canadien ne serait pas un peu vicieux sur les bords. Il y avait déjà l’obsession du producteur de télévision pour les œuvres à caractère pornographique dans Videodrome. Et là, comment ne pas voir dans l’imagerie d’eXistenZ des métaphores sexuelles à foison ? Un nouvel orifice greffé pour pouvoir se connecter à l’aide d’un tuyau à un pod hyper-sensible… ici encore les obsessions de Cronenberg autour des mutilations et autres protubérances font mouche (si j’ose dire).

Il est aidé en cela par un duo d’acteurs de choc en la présence de Jennifer Jason Leigh, troublante et séductrice, et de Jude Law, un peu moins convaincant en jeune naïf mais toujours aussi sexy. Alors certes le propos tend un peu à tourner en boucle, et la relative courte durée du film le sert finalement. eXistenZ demeure cependant un objet fascinant et repoussant à la fois, qui arrive d’une manière assez pertinente à rendre compte de l’état de dépendance que peuvent provoquer l’abus du virtuel, qui tend à prendre une place de plus en plus importante dans nos vies quotidiennes. Sur ce, éteignez votre ordinateurs et reprenez une vie normale !
Ma note : ***

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