
Film français
Date de sortie : 7 mars 2007
Genre : chronique d’une mort annoncée
Durée : 1h52
Scénario : Laurent Guyot et Viviane Zingg
Image :Julien Hirsch
Musique : Philippe Sarde
Avec Michel Blanc (Adrien), Emmanuelle Béart (Sarah), Johan Libéreau (Manu), Julie Depardieu (Julie), Sami Bouajila (Mehdi), L’éditeur (Xavier Beauvois) …
Synopsis : Été 1984. Manu débarque à Paris, où il fait la connaissance d'Adrien et noue une amitié chaste avec ce médecin quinquagénaire. Au cours d'une balade en bateau, Adrien présente à Manu Sarah et Mehdi, un couple de jeunes mariés. Une passion amoureuse imprévue et l'irruption de l'épidémie du sida, encore perçue comme une peste moderne et honteuse vont bouleverser le tranquille agencement de ces destins particuliers. (allociné)
Mon avis : La génération désenchantée
C’est sans doute son film le plus personnel, Les témoins, à André Téchiné. À l’époque où se déroule le film il aborde la quarantaine, a fini Hôtel des Amériques et sort Rendez-vous. C’est quelques années avant J’embrasse pas, déjà le récit initiatique d’un jeune provincial à Paris (et déjà avec Emmanuelle Béart) et ce qu'on peut considérer comme son film le plus abouti, Ma saison préférée.
C’est à cette époque aussi qu’il voit disparaître autour de lui des personnes chères à cause d’une maladie qui fait son apparition. Le Sida apparaît dans Les témoins, mais seulement à la moitié du film (rassurez vous c’est pas un secret que je dévoile). La première partie s’attache à décrire la trajectoire de Manu, un jeune homme plein de fougue qui papillonne entre Adrien, son mentor, qui l’aime platoniquement, et Mehdi, flic marié avec une femme libérée et qui refoule son homosexualité. Quand la maladie s’empare de Manu, tout s’accélère et chacun va devoir se révéler face à ce morbide problème.

Après, l’annonce de la maladie et les événements qui vont suivre souffre quelque peu de maladresse. C’est comme si le réalisateur était un peu phagocyté par son sujet (il y a de quoi) ; Les témoins reste tout de même un film essentiel qui aborde la mort d’une façon symbolique et assez élégante : tous les personnages témoignent en effet de la lutte éternelle entre Eros et Thanatos.

Manu (Johan Libéreau, charmant jeune homme issu de Douches froides) illustre bien sûr le plus radicalement cette dualité, mais aussi sa sœur Julie (sans doute le personnage le plus intéressant des Témoins) qui dit elle même ne pas être capable d’être dans la vie et transcende ses émotions à travers l’opéra. Adrien, lui, sublime tellement son amour pour Manu qu’il vit quasiment par procuration, à travers lui, tandis que Sarah croque la vie à pleine dents pour mieux refouler une douleur de vivre sans doute plus profonde.
Malgré des personnages complexes et pas aimables pour un sou, leurs traits de caractère sont quand même très marqués, trop peut-être, tout comme les situations : la scène du baiser vient un peu comme un cheveu sur la soupe tandis que la danse de la prostituée sur Marcia Baïla est une ficelle peut-être un peu trop grosse… Les témoins s’empêtre donc un peu trop dans le convenu dans une seconde partie qui laissait pourtant présager de bien belles choses au visionnage de la première.
Ma note : **

Haut de page