
Film français
Date de sortie : 04 juin 1974
Genre : Pieux verbiages
Scénario : Éric Rohmer
Image : Nestor Almendros
Avec Jean-Louis Trintignant (Jean-Louis), Françoise Fabian (Maud), Antoine Vitez (Vidal), Marie-Christine Barrault (Françoise)…
Synopsis : Jean-Louis, catholique pratiquant et ingénieur, est appelé à Clermont-Ferrand après avoir vécu 10 ans en Amérique. Il croise par hasard Vidal, un camarade d’enfance devenu professeur de philosophie, alors qu’il commence à tomber amoureux d’une jeune femme blonde aperçue à l’église. Le soir de Noël, il est convié à dîner par Vidal chez Maud, l’ancienne amante de Vidal. Elle est brune, belle, divorcée, mère célibataire.
Mon avis : Les états d’âme d’Éric
Ma nuit chez Maud est le troisième volet des Contes moraux d’Éric Rohmer. Cette série de six films d’une qualité inégale (celui-ci et le suivant, Le genou de Claire, étant pour beaucoup les meilleurs) est basée sur un même principe narratif : un homme tombe amoureux d’une femme, mais n’ose pas l’aborder. Puis il subit les avances d’une autre femme. Quel sera le plus fort de la tentation ou de l’amour ? Cette idée originale permet à Rohmer de développer entre les protagonistes les dialogues philosophiques et libertins qui feront sa renommée.
On assiste d’ailleurs à de nombreux dialogues savoureux dans Ma nuit chez Maud, en particulier entre Maud, femme « libérée », et Jean-Louis, fervent catholique qu’elle met face à ses propres contradictions. La limite du genre est quand même parfois atteinte quand on voit des personnages qui ne se connaissaient pas quelques minutes auparavant ou ne s’étaient pas vus depuis quinze ans se mettre de but en blanc à discourir sur le Pari de Blaise Pascal ou leurs aventures intimes et sentimentales.
Cette artificialité est confirmée non seulement par le ton emprunté que ne peuvent s'empêcher d'adopter les acteurs chez Éric Rohmer (bien que dans Ma nuit chez Maud nous n'ayons pas droit, et ce n'est pas plus mal, à de « purs » interprètes rohmériens) mais aussi par l’épure des décors : les appartements sont meublés au strict minimum, l’important ici n’est pas la forme mais bien le fond.

Elle déborde de sensualité et de naturel, en totale opposition avec le personnage prude qu'interprète Marie-Christine Barrault, l’image même pour Jean-Louis de la femme parfaite : blonde et catholique (sic). Jean-Louis Trintignant incarne d'ailleurs quant à lui parfaitement ce croyant mis à mal entre ses principes puritains et la réalité de ses désirs. On retient de cet exercice de style que représente Ma nuit chez Maud amusant mais parfois casse-gueule une critique douce amère de la bourgeoisie de province et un marivaudage un peu désuet mais dont les dialogues ne manquent souvent pas d'intérêt.
Ma note : ***

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