
Film américain
Date de sortie : 15 septembre 1982
Genre : traque de répliquant
Durée : 1h55
Scénario : David Webb Peoples et Hampton Fancher, d’après l’œuvre de Philip K. Dick
Photographie : Jordan Cronenweth
Musique : Vangelis
Avec Harrison Ford (Rick Deckard), Sean Young (Rachel), Rutger Hauer (Roy Batty), Daryl Hannah (Pris), M. Emmet Walsh), William Sanderson (J.F. Sebastian)...
Synopsis : En 2019, sur les colonies, une nouvelle race d'esclaves voit le jour : les répliquants, des androïdes que rien ne peut distinguer de l'être humain. Après avoir massacré un équipage et pris le contrôle d'un vaisseau, ils sont désormais déclarés « hors la loi ». Un agent d'une unité spéciale, un blade-runner, est chargé de les éliminer.. (allociné)
Mon avis : Les androïdes ne rêvent pas de moutons électriques
Dire que Blade runner a révolutionné l’univers de la science-fiction relève de la lapalissade. Nombre de réalisateurs, de Steven Spielberg à Luc Besson en passant par Alex Proyas s’en sont inspirés dans certaines de leurs œuvres respectives. Mais parler de genre cinématographique en évoquant la science-fiction n’est pas vraiment légitime : qu’ont en commun Solaris et Demolition man sinon de se dérouler dans le futur ?
C’est là que Ridley Scott est un petit malin : après avoir épaté les fans de SF avec Alien, le huitième passager il lui prend la folle idée d’adapter un roman culte de Philip K. Dick, Do Androids dream of electric sheep. Résultat des courses, tollé des fans de l'auteur à la sortie de Blade Runner, et accueil plus que mitigé des critiques de l’époque. C’est que Ridley Scott mélange ici le film d’action et de réflexion, deux genres qu’on pense alors antinomiques.

C’est indéniable, Ridley Scott réalise ici parfaitement son pari. Blade runner est sous ses allures de policier teinté d’action un film profond et esthétiquement bluffant. Les décors sont absolument prodigieux, mention spéciale étant faite au désormais célèbre immeuble qui abrite l’appartement de Sebastian. L’ambiance du film est poisseuse, il y pleut tout le temps, les ruelles sont malfamés et l’on y croise toute sorte d’individus. D’ailleurs pour l’anecdote, Rick Deckard aurait été inspiré par Philip Marlowe, le célèbre détective de Raymond Chandler.
Et avec le personnage incarné subtilement par Sean Young la duplicité de l’opération apparaît au grand jour : cette androïde à qui l’ont a implanté des souvenirs factices n’a théoriquement pas droit aux sentiments ; et si l’amour qu’elle éprouve envers Deckard (Harrison Ford dans un de ses rôles les plus marquants) était sincère ? De même, la relation entre Sebastian, le créateur, et le personnage joué par Rutger Hauer mérite toute notre attention : du démiurge isolé et vieillissant précocement ou de l’androïde rejeté qui connaît à l’avance la date de sa mort prochaine, lequel est le plus à plaindre ? On pourrait s’attarder bien longuement sur les richesses d’analyse de Blade runner et on est en même temps pris par la beauté saisissante des images, par le souffle de la mise en scène, par la magie du cinéma.
Ma note : ****

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