
Film américain
Date de sortie : 30 mai 1975
Titre original : Alice does not live here anymore
Genre : femme sans foyer
Durée : 1h55
Scénario : Robert Getchell
Directeur de la photographie : Kent L. Wakeford
Musique : Richard Lasalle
Avec Ellen Burstyn (Alice Hyatt), Chris Kristofferson (David), Dianne Ladd (Flo), Harvey Keitel (Ben Eberhart), Jodie Foster (Audrey), Alfred Lutter (Tommy Hyatt)…
Synopsis : Quand elle avait huit ans, Alice rêvait de devenir une star de la chanson. Nous la retrouvons vingt-sept ans plus tard, mariée et mère d'un insupportable gamin. Son mari meurt accidentellement et Alice décide de réaliser son rêve: devenir chanteuse de cabaret… (allocine)
Mon avis : Être une femme libérée tu sais c’est pas si facile
On ne peut pas dire que la gent féminine soit majoritaire dans la filmographie de Martin Scorsese ; raison de plus pour s’attarder sur son quatrième long-métrage, Alice n’est plus ici. Nous sommes en 1974 et le réalisateur est fraîchement auréolé du succès de Mean streets . Ellen Burstyn, quant à elle, a les faveurs des studios grâce à sa prestation dans L’exorciste ; c’est elle qui va imposer Scorsese pour réaliser un film sur un sujet qui la touche particulièrement en ces temps de féminisme naissant : le portrait d’une femme qui décide de prendre son destin en mains.

Le générique et la toute première scène d’Alice n’est plus ici a de quoi étonner un habitué des films de Martin Scorsese : on se croirait en plein dans les années 1950, avec les couleurs saturées du Technicolor et une chanson digne des comédies musicales d’antan. Comptez sur Marty pour revenir à la réalité dès la scène d’après : autant le début nous montrait une vision idéalisée de l’enfance d’Alice, autant là nous pouvons observer son quotidien décevant près de trente ans après. On retrouve alors la mise en scène frénétique, les travellings et autres décadrages qui ont fait la réputation de Scorsese à ses débuts.

Si le film gagne à être connu, c’est en grande partie grâce à la prestation d’Ellen Burstyn. Récompensée par un oscar pour le rôle, elle incarne Alice avec une force et un charme qui force l’admiration. Épaulée par des personnages masculins charismatiques - Harvey Keitel en brute qui cache son jeu et Chris Kristofferson en cow-boy improbable -, elle tire son épingle du jeu de façon remarquable. Alice n’est plus ici est aussi l’occasion de voir Jodie Foster dans un de ses tout premier rôle, ce qui n’est pas déplaisant. On a donc un film d’une grande maturité, loin d’être tape-à-l’œil mais au charme ravageur.
Ma note : ***

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